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Le féminisme en Égypte: un bref aperçu

Raneem Al Afifi Raneem Al Afifi
8 avril 2021
Le féminisme en Égypte: un bref aperçu

Le mouvement féministe égyptien est considéré comme le plus ancien mouvement féministe organisé dans le monde arabe ; il s’est développé à la fin du XIXe siècle : la première ONG de femmes a été créée en 1891.

Cette publication est également disponible en : English (Anglais) العربية (Arabe)

Située au croisement du nord-est de l’Afrique et de la péninsule du Sinaï au sud-ouest de l’Asie, L’Egypte est un pays transcontinental méditerranéen. Au cours de l’histoire moderne, il y a eu trois révolutions en Égypte : en 1919, en 1952 et le en 2011, lorsque le 25 janvier le régime de Moubarak a été renversé après 30 ans de règne.

L’actuel fonctionnement politique égyptien résulte de la révolution de 2011. Dans ce système semi-présidentiel, le président est élu pour un mandat de six ans et il/elle peut se présenter pour un second mandat, tandis que le Parlement, la plus ancienne chambre des députés d’Afrique et du Moyen-Orient, agit en tant que pouvoir législatif de l’État égyptien.
L’Égypte est un membre fondateur des Nations unies, du Mouvement des pays non alignés, de la Ligue arabe et de l’Union africaine.

Le mouvement féministe en Égypte

Le mouvement féministe égyptien est considéré comme le plus ancien mouvement féministe organisé dans le monde arabe ; il s’est développé à la fin du XIXe siècle : la première ONG de femmes a été créée en 1891.

Au lendemain de la révolution de 1919, qui a vu une énorme participation des femmes aux manifestations qui ont éclaté contre le colonialisme britannique, exigeant l’indépendance, les femmes ont réalisé combien ce moment était précieux et ont insisté pour ne pas gâcher l’occasion de maintenir et d’étendre leur présence et leur interaction dans la sphère publique.

La lutte acharnée du mouvement féministe égyptien au cours de sa première vague a permis de réaliser des progrès sans précédent à différents niveaux et sous différents aspects, puisque la première union féministe a été formée en 1923 et que la première loi fixant un âge minimum pour le mariage (16 ans pour les femmes, 18 ans pour les hommes) a été promulguée la même année. Toujours en 1923, l’Égypte est devenue le premier pays arabophone à voir le mouvement de suppression du voile pour les femmes sans aucune intervention de l’État. Cela a fait de l’Égypte le seul pays de la région à cette époque, où les femmes pouvaient se promener librement dans les rues sans foulard, et porter des robes et des jupes modernes.

Pendant la première moitié du XXe siècle, qui est considérée comme l’apogée du mouvement féministe égyptien, les femmes ont continué à briser la domination masculine dans de nombreux domaines, en devenant professeurs d’université, pilotes, médecins, ingénieurs, chefs de syndicats, physiciennes nucléaires et ministres. Sans oublier que la femme égyptienne a été la première dans la région arabe à être élue au parlement en 1957.
Toutefois, après la révolution de 1952, l’État a connu une nationalisation complète qui a jeté une ombre sur l’ensemble de la société civile, et sur le mouvement féministe en particulier. De nombreuses ONG ont été dissoutes par des lois liberticides, et celles qui avaient pu survivre n’ont été autorisées à travailler qu’à condition d’adopter la rhétorique gouvernementale.

Le changement de paradigme qui s’est produit en Égypte après 1952 a émoussé l’élan du mouvement féministe indépendant. Toutefois, souhaitant montrer qu’il s’était modernisé et ouvert à l’égalité des droits, le pouvoir de l’époque a continué de promouvoir l’éducation des femmes, leur participation à la vie active, et leur accès à des domaines depuis toujours dominés par les hommes. Il a aussi répondu positivement au mouvement pour le suffrage des femmes aux élections, accordant à ces dernières le droit de vote après des décennies de lutte.

Formes de discriminations contre les femmes

Le premier retour au port du foulard en Égypte a été enregistré à la fin des années 1970, en même temps qu’une importante migration vers les riches pays du Golfe, États dont la rente pétrolière offre une myriade d’emplois possibles. Ce retour au voile marque un tournant important dans l’histoire moderne de l’Égypte, baptisé « L’invasion islamiste wahhabite ».

L’invasion wahhabite a frappé de plein fouet le statut des femmes ; le mouvement féministe a dû faire face à davantage de barrières et d’obstructions, et la position sociale des femmes s’est détériorée après que les groupes islamistes ont gagné en puissance et en efficacité au niveau local, en particulier dans les classes inférieures et moyennes.

En dépit des efforts zélés pour faire reculer les femmes, l’État a mis en place son propre féminisme et a créé le conseil national des femmes, qui a joué un rôle essentiel dans l’élaboration de nouvelles législations en faveur des femmes, telles que la modification du code du statut personnel, l’abrogation de la loi qui permet à un violeur d’épouser la victime pour échapper à la peine, la criminalisation des mutilations génitales féminines, l’augmentation de l’âge minimum du mariage à 18 ans pour les femmes au lieu de 16 ans, et l’octroi aux femmes du droit de transmettre leur nationalité à leurs enfants si leurs conjoints ne sont pas égyptiens.

Cependant la morosité est indéniable : les islamistes ont réussi à maintenir la polygamie au niveau juridique. Ils se sont fermement opposés aux pressions féministes pour mettre fin au divorce verbal et faire des tribunaux la seule autorité légitime pour accorder le divorce. Enfin, ils ont fait obstacle à tous les efforts de révision et de refonte du code du statut personnel qui contient de nombreux articles légitimant la violence et la discrimination contre les femmes.

En 2011, le soulèvement tant attendu a donné une impulsion au mouvement féministe. La prise en charge de leur corps par les femmes est devenue cruciale dans le discours féministe, précisément au moment où elles ont été la cible d’agressions sexuelles collectives dans les manifestations qui ont continué jusqu’en 2014. La lutte acharnée des femmes contre ces attaques terroristes sur leur corps a conduit à la proclamation d’une nouvelle législation en 2014, imposant des sanctions plus sévères contre le harcèlement sexuel.

Depuis 2014, le gouvernement prend des mesures de répression contre la société civile tout entière, et le mouvement féministe en son sein n’y échappe pas. Les progrès législatifs sont actuellement plus lents que par le passé. Face à la répression généralisée, le mouvement féministe a eu recours au pouvoir d’internet et du cyber espace, et maintenant les militantes font campagne avec ténacité sur la toile, se connectant les unes aux autres, élevant la voix, protestant, portées par la ferme détermination que leur lutte ne s’arrêtera pas.

Raneem Al Afifi

Raneem Al Afifi

Raneem a dix ans d'expérience dans le journalisme et l’activisme citoyen. Elle est fondatrice et directrice exécutive du projet médiatique féministe "She has other faces" ولها وجوه أخرى qui adopte une optique féministe dans tout ce qu’il produit et publie : de sa plate-forme digitale aux bandes dessinées, des podcasts aux périodiques imprimés féministes. Dans le cadre de ce projet, sont également organisés des ateliers sur le journalisme spécialisé sur les questions de genre, les critiques de films et le podcasting dans une perspective également féministe. Précisément parce qu’elle est spécialiste du genre et de la critique cinématographique, Raneem opère aussi dans ces domaines en tant que formatrice. Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages tels que "The Portrayal of Women in Egyptian Movies' Posters" et d'un manuel sur "Les bases du journalisme appliqué au genre", publié en 2020. Avant de se consacrer à plein temps à l'activisme féministe et à la couverture des questions de genre, elle a travaillé comme journaliste pour plusieurs organes d'information égyptiens.

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