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L’après Bachar Al-Assad : Les Syriennes font-elles face à une nouvelle menace pour leurs droits ?

Manahel Alsahoui Manahel Alsahoui
13 décembre 2024
L’après Bachar Al-Assad : Les Syriennes font-elles face à une nouvelle menace pour leurs droits ?

Avec la chute du régime Al-Assad et la montée en puissance de l’opposition armée radicale, des questions fondamentales se posent sur les libertés individuelles en général et celles des femmes en particulier. Les assurances du Commandement des opérations militaires, dirigé par Ahmad al-Sharaa (Abou Mohammad al-Joulani), restent insuffisantes, et de nombreuses femmes redoutent un régime fondamentaliste.

Cette publication est également disponible en : English (Anglais) العربية (Arabe)

La scène dépasse l’entendement. La joie des Syriens et des Syriennes face à la chute du régime s’accompagne de révélations choquantes sur les crimes perpétrés dans l’ombre. Avec la libération des détenu.e.s, la Syrie est confrontée à des réalités longtemps occultées : le quotidien des prisons, la torture brutale et les disparitions forcées. Pendant des années, les Syrien.ne.s avaient entendu des avertissements tels que : « Les murs ont des oreilles » ou encore « Qui entre là-bas n’en revient pas ». Mais la réalité s’est révélée bien pire que tout ce que l’on avait imaginé.

Le régime d’al-Assad a surpassé leurs pires cauchemars. Avec l’ouverture des prisons, des récits glaçants ont commencé à émerger. Ceux des femmes emprisonnées sans motif clair, simplement pour avoir exprimé leurs opinions ou parce qu’un membre de leur famille était opposant. Certaines y ont subi des viols et sont sorties avec des enfants dont elles ne connaissaient pas les pères. À l’extérieur, une lutte difficile les attend.

Malgré l’euphorie générale, les craintes des femmes dominaient les sentiments mitigés qui ont pu s’exprimer. Que deviendront les Syriennes sous le gouvernement de l’opposition armée radicale, accusée de multiples violations dans les zones qu’elle contrôlait auparavant, notamment dans le nord-ouest du pays ? Allons-nous vers une généralisation de ces pratiques sur tout le territoire syrien ?

Les femmes dans les prisons du régime al-Assad

Aujourd’hui encore, les regards se tournent vers la prison de Saydnaya, symbole ultime de la répression en Syrie. La libération des détenu.e.s de ce lieu de détention représente un espoir pour toute la Syrie et pour les réfugié.e.s ayant fui le régime.

Les scènes de libération de ces prisonnières et prisonniers étaient saisissantes, semblant tout droit issues d’un cauchemar interminable. Un prisonnier est sorti portant un autre sur son dos, ce dernier étant trop faible pour marcher à cause de sa maigreur extrême. Pendant un instant, on aurait pu le prendre pour un enfant tant il était émacié et affaibli. Une autre détenue, bien que libérée, restait prisonnière de son traumatisme. Elle semblait désorientée et absente, répondant de manière confuse, fixant un horizon invisible, comme si elle cherchait une sortie inexistante. Le régime l’avait fait basculer dans les ténèbres, la rendant invisible à elle-même, y compris une fois dehors.

La libération d’un enfant de moins de trois ans des prisons du régime a choqué le monde entier. Comment un enfant si jeune pouvait-il représenter une menace pour al-Assad ou son régime ? Cette image a marqué les esprits, aussi bien dans le monde arabe qu’ailleurs, exposant l’horreur incommensurable du système.

Les prisons telles que Saydnaya et les centres de détention comme la branche de Palestine ont été le théâtre d’actes de torture inqualifiables. Ironiquement, le régime a donné à l’une de ses pires prisons le nom de « Palestine », tout en se revendiquant défenseur de la cause palestinienne. Pourtant, il n’a pas hésité à arrêter, torturer et tuer des centaines de réfugié.e.s palestiniens, tout en en expulsant des milliers d’autres.

Les mères ont été particulièrement affectées, attendant désespérément leurs enfants à la recherche du moindre indice les faisant espérer de les embrasser à nouveau après des années de perte et de souffrance. Beaucoup n’ont jamais retrouvé leurs proches, ce qui a laissé une blessure indélébile dans la mémoire collective. Les scènes déchirantes de parents scrutant des photos de corps torturés, affichées à l’hôpital al-Mujtahid de Damas, dans l’espoir de reconnaître un être cher, illustrent cette tragédie.

Les femmes face à la répression

Malgré la chute rapide du pouvoir, la situation en Syrie reste moins chaotique que lors de l’effondrement d’autres régimes. Cependant, des craintes persistantes demeurent, notamment parmi les minorités, de représailles ou de purges sectaires. Bien que le Commandement des opérations militaires, sous la direction d’Abou Mohammad al-Joulani, ait interdit les actes de vengeance contre les minorités, certains incidents isolés, notamment à l’encontre d’ex-militaires du régime, ont exacerbé ces appréhensions.

Par ailleurs, bien qu’un décret interdise toute ingérence dans la tenue vestimentaire des femmes, des incidents isolés, où des militants ont tenté d’imposer des restrictions, ont alimenté les inquiétudes sur un éventuel recul des libertés. Ces craintes se fondent sur la gouvernance de Hay’at Tahrir al-Sham, basée sur la charia à Idlib, soulevant des doutes sur l’avenir des droits, des libertés et l’établissement d’un État civil et démocratique en Syrie.

L’absence totale de représentation féminine dans le gouvernement de transition a également suscité de vives critiques de la part d’activistes et d’ONG. Ces derniers réclament une implication accrue des femmes dans la sphère politique et les processus décisionnels. La nomination de Shadi Al-Waisi comme ministre de la Justice a également provoqué un tollé, non seulement en raison de son absence de formation juridique – ayant étudié la charia islamique –, mais aussi pour son soutien à un renforcement de la législation basée sur la charia à l’échelle nationale.

Cette mesure suscite de vives inquiétudes quant à la restriction des libertés individuelles, à la marginalisation des minorités religieuses et ethniques, et à l’imposition d’une vision unilatérale à une société diverse et complexe. Il est important de rappeler que ce cadre juridique a déjà été adopté par le « gouvernement de salut » à Idlib, ravivant les souvenirs de transformations imposées par les groupes armés radicaux.

Un rôle central pour les femmes 

Dans ce contexte, des femmes ont pris des positions courageuses pour contrer les tentatives de tutelle, notamment de la part de certains membres de l’opposition armée cherchant à imposer le port du voile. Une femme a répliqué fermement : « N’êtes-vous pas venus pour nous libérer ? Comment pouvez-vous nous contraindre à porter le voile ? » Ces réponses audacieuses témoignent d’un refus collectif d’être asservies à des idéologies restreignant leurs libertés.

Ce rôle essentiel des femmes dans la défense de leurs droits souligne que leur résistance dépasse le cadre individuel : elle s’inscrit dans une lutte plus large pour une société plus juste et égalitaire.

Aussi le besoin de voix engagées, qu’elles soient féminines ou masculines, devient urgent pour établir une feuille de route fondée sur la justice et les droits civiques égaux pour toutes et tous, sans discrimination.

Manahel Alsahoui

Manahel Alsahoui

Manahel est une écrivaine et journaliste syrienne, défenseure des droits humains et des réfugié.e.s. Elle travaille dans le secteur des médias depuis 2016. Les sujets qu’elle traite dans plusieurs sites arabes, dont "Al-Araby Al-Jadeed", portent sur le féminisme, la culture, la politique et différents thèmes sociétaux. Elle est aussi responsable de la question syrienne pour le site "Daraj". Poète et dramaturge, Manahel a vu, en 2017, sa pièce "Batterie pour une lampe de poche" recevoir le prix Sharjah pour la créativité arabe. En 2021, elle est lauréate du prix italien "Tulliola" grâce à son premier recueil de poèmes "Trente minutes dans un bus piégé", un opuscule dans lequel elle décrit sa vie de femme durant la guerre en Syrie.

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