Depuis toujours, mon travail photographique s’attache à représenter les femmes, à tous les âges de leur vie et dans les épreuves qu’elles traversent. La maladie en fait partie.
Le cancer du sein représente près de 33 % des cas de cancers féminins, il est le plus courant. Il m’est apparu comme un sujet essentiel.
Dans le cadre de mon projet de fin d’études, j’ai contacté des associations afin de réaliser des portraits de femmes ayant vécu cette maladie, pour les représenter et recueillir leurs histoires.
Me confronter à leur douleur m’a d’abord semblé brutal, violent. Pourtant, au fil des échanges, j’ai mesuré tout ce que cette maladie implique. En tant que femme, je me suis sentie profondément touchée. Le cancer du sein dépasse largement l’atteinte physique : il vient questionner l’identité, la féminité et le rapport au corps. Les traitements entraînent des conséquences parfois lourdes : fatigue extrême, douleurs, transformations corporelles, voire détresse psychologique.
C’est avec cette prise de conscience que j’ai choisi de mettre ma photographie au service de ces femmes. Mon intention n’est pas de les enfermer dans une mise en scène artificielle, mais au contraire de respecter leur réalité. J’explore ainsi une double intimité : celle de leur espace de vie et celle de leur corps. Ces portraits, réalisés à Paris et dans ses environs, traversent différents milieux sociaux, car la maladie touche sans distinction.
Il était essentiel pour moi que chaque femme puisse retranscrire son vécu avec ses propres mots. Le choix de la lettre manuscrite s’est imposé comme une forme à la fois intime et sincère, une manière sensible de faire entendre leur voix. Mon objectif est de donner à voir, à lire et à comprendre, affirmer que leurs corps existent pleinement, au-delà de la maladie.







