Connu principalement pour ses prises de position sur l’immigration et absent sur la quasi-totalité des autres thématiques, le député Tarek Mehdi, représentant de la circonscription de Sakiet Eddaier dans le gouvernorat de Sfax, mentionne le 13 avril lors d’une séance parlementaire, le viol d’une migrante subsaharienne par un policier.
Fervent défenseur de la théorie du “grand remplacement” à la Tunisienne et convaincu par le danger imminent que constitue les migrant.es subsaharien.nes sur la composition démographique de la population locale, il évoque cette affaire non pas pour traiter de la violence que constitue un tel crime sur les corps des femmes, mais pour nourrir des fantasmes misogynes et xénophobes liés à la perception des corps des femmes immigrées.
L’expression de la culture du viol
Ce membre du groupe parlementaire “le bloc des Libres” est revenu sur les faits dans le cadre d’une série de questions-réponses adressées au ministre de l’Intérieur tout en exprimant son indignation, non pas vis-à-vis de l’acte commis, mais en pointant du doigt le “manque de goût” de l’agresseur, qui aurait très bien pu, selon ses propos, satisfaire ses désirs charnels auprès de n’importe quelle femme tunisienne qui serait indéniablement plus belle et plus désirable qu’une quelconque migrante subsaharienne : « Une Africaine ne peut pas être violée, nous avons la beauté en Tunisie. »
Des rires amusés émanant d’autres députés de l’Assemblée des représentants du peuple ont suivi ces dires, signe d’une banalisation de toute une culture du viol au cœur d’une institution législative.
Si ces mots indignent autant, c’est parce que la dignité humaine des femmes et de la victime est doublement atteinte. Le député semble parler d’un acte anodin plutôt que d’un crime. Le récit de la victime est démenti, la notion de consentement effacé : la femme est réduite à un objet dont on mesure et juge la désirabilité.
Ce qui vient rajouter une seconde couche stigmatisante à ces paroles prononcées est leur dimension raciste. Il y a là l’expression d’une hiérarchie humaine basée sur la couleur de peau et l’origine de la victime.
Ces propos qui ont été filmés ont massivement circulé sur les réseaux sociaux en Tunisie, notamment sur des pages de différentes organisations et associations féministes et plus tard relayés par des internautes.
Parmi les pages ayant partagé la séquence, on trouve le mouvement Ena Zeda, la déclinaison tunisienne du mouvement féministe international #MeToo. Ce mouvement composé de féministes tunisiennes est connu pour ses méthodes de dénonciation et d’exposition au grand public de propos et d’actes misogynes émanant d’influenceurs masculinistes ou de figures médiatiques problématiques. Ce “Name and Shame” suscite généralement beaucoup de réactions, notamment dans le cas du député Tarek Mehdi, entre des personnes indignées qui ont condamné ces propos et d’autres, souvent adeptes de complots racistes et xénophobes, qui ne se sont même pas intéressés au viol et qui ont trouvé une occasion pour appeler, encore et toujours, à l’exfiltration des migrants.
Des rires amusés émanant d’autres députés de l’Assemblée des représentants du peuple ont suivi ces dires, signe d’une banalisation de toute une culture du viol au cœur d’une institution législative.
Si ces mots indignent autant, c’est parce que la dignité humaine des femmes et de la victime est doublement atteinte. Le député semble parler d’un acte anodin plutôt que d’un crime. Le récit de la victime est démenti, la notion de consentement effacé : la femme est réduite à un objet dont on mesure et juge la désirabilité.
Ce qui vient rajouter une seconde couche stigmatisante à ces paroles prononcées est leur dimension raciste. Il y a là l’expression d’une hiérarchie humaine basée sur la couleur de peau et l’origine de la victime.
Ces propos qui ont été filmés ont massivement circulé sur les réseaux sociaux en Tunisie, notamment sur des pages de différentes organisations et associations féministes et plus tard relayés par des internautes.
Parmi les pages ayant partagé la séquence, on trouve le mouvement Ena Zeda, la déclinaison tunisienne du mouvement féministe international #MeToo. Ce mouvement composé de féministes tunisiennes est connu pour ses méthodes de dénonciation et d’exposition au grand public de propos et d’actes misogynes émanant d’influenceurs masculinistes ou de figures médiatiques problématiques. Ce “Name and Shame” suscite généralement beaucoup de réactions, notamment dans le cas du député Tarek Mehdi, entre des personnes indignées qui ont condamné ces propos et d’autres, souvent adeptes de complots racistes et xénophobes, qui ne se sont même pas intéressés au viol et qui ont trouvé une occasion pour appeler, encore et toujours, à l’exfiltration des migrants.
Des excuses qui masquent l’impunité
Ayant suscité une vague d’indignations, le député s’est exprimé au sein de la chambre des députés quelques jours après la polémique en initiant son intervention par une longue tirade remplie de justificatifs et d’éloges pour la femme tunisienne, cette femme forte et libre dont il n’oserait jamais profaner l’image selon lui. Il a ensuite présenté ses excuses à ces mêmes femmes tunisiennes, sans remettre en question l’apologie du viol auprès de la victime concernée.
De plus, il a publié sur son profil Facebook une image générée par IA le présentant tenant un cœur doré orné du drapeau tunisien, au milieu d’une foule vêtue de tenues traditionnelles blanches. Il l’a accompagnée d’une déclaration presque identique à celle prononcée à la Chambre des députés, en y ajoutant des accusations visant des pages étrangères qui auraient relayé sa vidéo pour nuire à son image et renforcer des « lobbies pro‑immigration ». En réalité, la vidéo a d’abord circulé principalement sur des pages tunisiennes avant d’être reprise par quelques médias arabes et étrangers.







