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Historique de l’écoféminisme : A l’origine étaient les sorcières

Olfa Belhassine Olfa Belhassine
8 mars 2025
Historique de l’écoféminisme : A l’origine étaient les sorcières

La lutte pour la sauvegarde de la planète corrélée aux droits des femmes a commencé à agiter le monde depuis les années 70. Or plusieurs ouvrages et publications, anciens et récents, démontrent que les premières écoféministes sont probablement les sorcières, ces femmes à la puissance invaincue (1) malgré l’inquisition qu’elles ont subie.

Cette publication est également disponible en : English (Anglais) العربية (Arabe)

L’image de couverture a été générée par l’intelligence artificielle.

Les sorcières européennes, diabolisées à souhait et dont les procès débutent au XVe siècle (dans les années 1430) et se développent majoritairement au XVIe et au XVIIe siècle (entre les années 1560 et 1630), seraient-elles les premières écoféministes que le monde ait connues et condamnées à mort ? Elles, si proches de la nature, tutoyant l’air et le feu, maîtrisant le pouvoir des plantes, guérisseuses averties et surtout libres et indépendantes ? Des rebelles absolues, en effet. En tout cas, cette figure-là a bien inspiré les féministes des années 70, celles qui ont établi un lien entre la domination masculine et l’exploitation de la nature, en soulignant que ces deux formes d’oppression sont enracinées dans les structures patriarcales et capitalistes.

Ainsi elles guérissaient…

En 1976, Xavière Gauthier, écrivaine, journaliste, éditrice et universitaire française, fonde la revue Sorcières. Il s’agit d’une tribune de l’écoféminisme français, en particulier le no20, intitulé, « La nature assassinée ».

Dans une interview publiée en 2017, Gauthier dit : « Pourquoi sorcières ? Parce qu’elles dansent. Elles dansent à la pleine lune. Femmes lunaires, lunatiques, atteintes – disent-ils – de folie périodique. […] Pourquoi sorcières ? Parce qu’elles vivent. Parce qu’elles sont en contact direct avec la vie de leur corps, avec la vie de la nature, avec la vie du corps des autres. Les sorcières respiraient, palpaient, appelaient chaque fleur, chaque herbe, chaque plante. Ainsi elles guérissaient. Ou empoisonnaient. Rien, là, de surnaturel. […] Pourquoi sorcières ? Parce qu’elles jouissent. »(2).

Parmi les autrices de la revue exclusivement faite par des femmes, qui compte 24 numéros, entre 1976 et 1982, il y a la philosophe française Françoise d’Eaubonne, qui dans son ouvrage Le Féminisme ou la Mort (1974) a pour la première fois utilisé le terme écoféminisme. Elle y soutient que la crise écologique est liée au patriarcat et appelle les femmes à une révolution écoféministe pour préserver la planète.

Ce terme rencontre très vite des mobilisations de femmes contre notamment la course au nucléaire, la déforestation et le large usage des pesticides. L’écoféminisme devient une force militante.

Réveiller la conscience du monde

En Inde le mouvement Chipko (1970-80) voit des femmes hindoues s’opposer à la déforestation en entourant physiquement les arbres pour les protéger. Au Royaume Uni, entre 1981 et 2000, un campement de femmes militantes s’installe autour de la base militaire de Greenham Common pour protester contre les armes nucléaires. Les luttes paysannes et indigènes en Amérique latine et en Afrique où des femmes se battent pour les droits à la terre et contre l’extraction minière et pétrolière marquent également ces années 70 et 80.

« Pourquoi sorcières ? Parce qu’elles vivent. Parce qu’elles sont en contact direct avec la vie de leur corps, avec la vie de la nature, avec la vie du corps des autres. Les sorcières respiraient, palpaient, appelaient chaque fleur, chaque herbe, chaque plante. Ainsi elles guérissaient. »

Avec les crises écologiques, sanitaires et humanitaires qui touchent les pays du sud, alimentent les violences contre les femmes et les filles et entrainent l’apparition du phénomène de réfugiées climatiques, l’écoféminisme connaît, depuis le début des années 2000, un regain d’intérêt. Il inspire des figures contemporaines comme la suédoise Greta Thunberg et des militantes autochtones qui dénoncent les violences environnementales et genrées.

Evoquant les slogans et les manifestations des écoféministes, la journaliste et essayiste Laure Adler s’interrogeait dans son dernier ouvrage, La Voix des femmes (2024) : « Les femmes seraient-elles les vigies, les lanceuses d’alerte du devenir du monde ? »,

La réponse à ce questionnement pourrait provenir de Françoise d’Eaubonne, qui en 1978, dans Ecologie et Féminisme, écrivait : « Il vaut mieux avoir rendez-vous avec les femmes qu’avec l’Apocalypse ».

Autour de la Méditerranée, la sécheresse endémique, l’exploitation abusive des ressources halieutiques par les hommes, la désertification galopante…appauvrissent les femmes, qui mangent et vivent de la mer et de la terre. Historiquement, l’écoféminisme semble incarner un moyen de faire résonner leurs voix au-delà de leurs villages côtiers ou de leurs lopins de terre désormais stériles. Avec des moyens ludiques de protestation : chants, danses, lancement de peinture, happenings…les écoféministes font du bruit pour réveiller les consciences et bousculer les agendas politiques.

1 Chollet, Mona, Sorcières, la puissance invaincue des femmes, La Découverte, 2018.
2 CAIRN.Info, 2017, Les Sorcières sont de retour. Entretien avec Xavière Gauthier et Danièle Carrer. Propos recueillis par Jeanne Burgart Goutal.
Tags: Écoféminisme
Olfa Belhassine

Olfa Belhassine

Olfa Belhassine a travaillé en tant que journaliste au quotidien La Presse de Tunisie de 1990 à 2023. Après la Révolution de 2011, elle publie sur Libération, Le Monde et Courrier International des articles témoignant de son expérience de journaliste avant et après la chute du régime du président Ben Ali. En 2013, elle obtient le premier Prix du journalisme du Centre de la Femme arabe pour son enquête sur le mariage coutumier en Tunisie publiée sur le journal La Presse. Elle est depuis 2015 la correspondante en Tunisie de JusticeInfo.net, un site spécialisé dans la justice transitionnelle à travers le monde. Avec Hedia Baraket, Olfa Belhassine a publié, en 2016, un livre intitulé "Ces Nouveaux Mots qui font la Tunisie", une analyse approfondie sur la transition politique en Tunisie après la révolution.

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