A propos
  • it VO
  • fr Français
  • en English
  • ar العربية
Pas de résultat
Afficher tous les résultats
Medfeminiswiya - Média féministe méditerranée
  • En mouvement
  • Explorations
  • Dossiers
  • Créations
  • Interviews
  • Opinions
  • Monde
Medfeminiswiya - Média féministe méditerranée
  • En mouvement
  • Explorations
  • Dossiers
  • Créations
  • Interviews
  • Opinions
  • Monde
Pas de résultat
Afficher tous les résultats
Medfeminiswiya - Média féministe méditerranée
Accueil Opinions

Lettres sous les bombes : Pas de nourriture ni d’eau à Gaza (8)

Rola Abou Hashem Rola Abou Hashem
20 mai 2025
Lettres sous les bombes : Pas de nourriture ni d’eau à Gaza (8)

Depuis le 7 octobre 2023, date du déclenchement de la guerre à Gaza, Medfeminiswiya a choisi de mettre en lumière les récits de femmes vivant au cœur de la bande de Gaza, pour porter leurs voix et accorder au témoignage personnel toute sa légitimité. Rola Abou Hachem raconte ici la faim, l’attente et la mort aux portes des centres de distribution alimentaire.

Cette publication est également disponible en : English (Anglais) العربية (Arabe)

Retrouvez toutes les chroniques de Rola ici.

Il n’y a ni nourriture ni eau à Gaza. Ce n’est pas une exagération, mais un constat glaçant d’une catastrophe humanitaire qui ravage les corps avant même de figurer dans les rapports des ONG. Une famine dévore chaque foyer, s’attaquant aux corps des enfants, des femmes et des hommes, sans exception. À Gaza aujourd’hui, personne n’est épargné par la faim ou la soif.

Alors que les bombes tombent sans répit sur les civils, l’occupation israélienne ne se limite pas à semer la mort : elle durcit son blocus, et poursuit une politique délibérée d’asphyxie par la faim et la soif. Elle détruit les infrastructures hydrauliques, cible les réservoirs, interdit l’entrée du carburant nécessaire aux stations de dessalement, privant ainsi plus de deux millions de personnes de leur droit à une simple gorgée d’eau potable.

L’épreuve d’accéder à une goutte d’eau

Quant à la nourriture, elle est devenue une chimère. Les étals sont vides, les stocks épuisés, les frontières fermées. Même les efforts des ONG pour distribuer des repas sont paralysés par les frappes et les restrictions. À Gaza, des familles entières marchent durant des heures sous les bombardements, patientent dans des files interminables, sous un soleil implacable, pour quelques bouchées de nourriture de mauvaise qualité, ou un seau d’eau qui ne suffit même pas pour la journée.

Israël mène une stratégie systématique de privation d’eau, ajoutant un crime de guerre de plus à la liste de ceux qui visent la vie quotidienne des civils. À Gaza ville, l’occupant a détruit la conduite principale alimentant le quartier at- Tuffâh, lors du massacre perpétré à l’école Dar Al-Arqam, située dans le même secteur. Depuis, les habitants peinent chaque jour à obtenir de l’eau potable. Partir à la recherche d’une simple gorgée est devenue un parcours d’endurance.

Récipients vides et files de la faim

Hommes, femmes, enfants, personnes âgées… tous attendent pendant des heures, sous une chaleur accablante, dans l’espoir de recevoir une ration de survie, en l’absence de toute alternative. Les points de passage restent fermés, l’aide humanitaire et le gaz de cuisson sont bloqués. Ils viennent avec des casseroles, des seaux, ou n’importe quel récipient pour emporter une maigre portion de nourriture sans goût, mais capable, au moins, d’apaiser temporairement la faim.

Ces soupes populaires sont gérées par des organismes comme le Programme alimentaire mondial (PAM), la Croix-Rouge, et quelques associations caritatives dépendant de l’aide étrangère. Leur objectif : atteindre le plus grand nombre possible de Gazaoui·es, face à l’effondrement économique et à une guerre d’extermination qui dure depuis plus d’un an et demi.

Mais malgré leur rôle vital, ces points de distribution n’échappent pas aux attaques : ils ont été visés à quatre reprises en deux semaines à peine, dans plusieurs secteurs de la bande de Gaza assiégée.

Pourtant, ces lieux sont désignés comme « zones sûres » par l’armée israélienne, des endroits supposément réservés à l’aide humanitaire, où les civils sont régulièrement sommés de se réfugier. Mais c’est précisément là, dans ces lieux d’attente et d’espoir, que des enfants, des femmes et des hommes trouvent la mort sous les bombes.

Imaginez perdre un proche simplement parce qu’il était allé chercher un repas modeste, à peine suffisant pour tenir quelques heures, mais devenu la seule option sous blocus et famine. Voilà la réalité à Gaza.

Lors de l’une de ces frappes contre un point de distribution, trois enfants ont péri. Ils étaient simplement sortis chercher un repas pour leur famille affamée. Ils ne sont pas revenus avec leurs casseroles, mais sur les épaules de leurs proches, leurs petits corps couverts de poussière et de sang.

Leurs ustensiles ont volé en éclats, le riz et les lentilles mélangés à leur sang chaud. Cette scène brutale résume toute l’horreur de la guerre quand elle pénètre le quotidien de ceux qui ont faim.

Ces enfants n’étaient pas des combattants. Ils n’étaient pas armés. Ils portaient uniquement les espoirs de leurs petits frères et sœurs pour un repas chaud. Le bombardement a été la réponse impitoyable à leur faim.

Mourir en attendant de manger

Parmi les victimes, il y avait Mahmoud Al-Karimi et son fils Yahya. Ils étaient sortis ensemble, espérant ramener de quoi nourrir leur famille. Mais les bombes les ont fauchés. Ce n’est pas avec une assiette de lentilles qu’ils sont revenus, mais enveloppés dans des couvertures d’ambulance, sous le regard abasourdi de leurs proches, dans une douleur sans nom.

Imaginez perdre un proche simplement parce qu’il était allé chercher un repas modeste, à peine suffisant pour tenir quelques heures, mais devenu la seule option sous blocus et famine. Voilà la réalité à Gaza.

Le dernier message de Mahmoud sur Facebook était un cri silencieux, qui dit tout :

« Tu trouves ça normal de me voir là, debout dans la file de la soupière, la tête basse, honteux, humilié, juste pour recevoir de la nourriture qu’on ne donnerait même pas à des animaux ? »

Les soupières n’ont jamais été un choix. Elles font partie de ces rares options imposées par la guerre et le siège. La dignité se heurte à la faim dans ces files d’attente, et la peur enveloppe chaque bouchée.

Même les repas distribués sont touchés par le blocus. Les fermetures de frontières et les interdictions d’importation réduisent la qualité des repas. Préparés avec des moyens rudimentaires, des ingrédients manquants, ils calment à peine la faim, sans répondre aux besoins nutritionnels des enfants comme des adultes.

Depuis le début de cette guerre d’extermination contre Gaza, l’armée israélienne a délibérément visé au moins 26 soupières et plus de 37 centres de distribution humanitaire.

Source de l’image principale : Pixabay.
Tags: Lettres sous les bombes
Rola Abou Hashem

Rola Abou Hashem

Rola Abou Hashem est une journaliste palestinienne vivant et travaillant à Gaza. Correspondante de Radio Nissa FM en Cisjordanie, elle tient également, depuis le 7 octobre 2023 et le début de la guerre sur Gaz, une chronique pour Medfeminiswiya . Laissée sans abri alors que l'occupation ravage sa maison, ses articles au plus près de sa vie quotidienne sont un poignant témoignage du drame d'une population victime de génocide.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

J'accepte les termes et conditions et la Politique de confidentialité .

Sur le même sujet

Related Posts

« Dès la première minute » : ou comment nier le viol à coup de romantisme
Opinions

« Dès la première minute » : ou comment nier le viol à coup de romantisme

Pascale Sawma
5 mai 2022

Related Posts

Hommes féministes?
Opinions

Hommes féministes?

Eretica Whitebread
17 juin 2022

DÉCOUVREZ NOTRE NEWSLETTER

Contenu original. Journalisme féministe. Livré à votre adresse email.

    Related Posts

    My Girl is a Boy : histoire d’une métamorphose
    Opinions

    My Girl is a Boy : histoire d’une métamorphose

    Federica Araco
    15 novembre 2021

    Related Posts

    La bataille du voile
    Opinions

    La bataille du voile

    Wiame Awres
    16 mai 2023

    Les plus aimés de la semaine

    La Moudawana : une réforme qui divise
    Explorations

    La Moudawana : une réforme qui divise

    Lina M.
    23 janvier 2025
    Rome : le plus vieux métier du monde s’exerce-t-il encore dans la rue ?
    Explorations

    Rome : le plus vieux métier du monde s’exerce-t-il encore dans la rue ?

    Contributrice Medfeminiswiya
    9 octobre 2024
    Le rôle des femmes dans les mafias italiennes : Les « sœurs de l’omertà » 1/3
    Explorations

    Le rôle des femmes dans les mafias italiennes : Les « sœurs de l’omertà » 1/3

    Federica Araco
    5 novembre 2025
    En mouvement
    Explorations
    Dossiers
    Créations
    Interviews
    Opinions
    Monde
    En mouvement
    Explorations
    Dossiers
    Créations
    Interviews
    Opinions
    Monde

    Medfeminiswiya est un réseau féministe qui rassemble des femmes journalistes travaillant dans le domaine des médias et de la production de l’information dans la région méditerranéenne.

    • A propos
    • Contextes pays
    • Notre communauté
    • Devenir membre
    • Nos Partenaires
    • Charte Éditoriale
    • Mentions légales

    Suivez nous sur :

    Découvrez notre newsletter

    Contenu original. Journalisme féministe. Livré à votre adresse email.

      © 2026 Medfeminiswiya – Réseau méditerranéen pour l’information féministe

      Back to top

      Welcome Back!

      Login to your account below

      Forgotten Password?

      Retrieve your password

      Please enter your username or email address to reset your password.

      Log In

      Ajouter nouvelle playlist

      Pas de résultat
      Afficher tous les résultats
      • En mouvement
      • Explorations
      • Dossiers
      • Créations
      • Interviews
      • Opinions
      • Monde
      • it VO
      • fr Français
      • en English
      • ar العربية

      © 2026 Medfeminiswiya - Réseau méditerranéen pour l'information féministe

      Ce site n'utilise pas de cookies. This website does not use cookies. هذا الموقع لا يستخدم ملفات تعريف الارتباط.