A propos
  • it VO
  • fr Français
  • en English
  • ar العربية
Pas de résultat
Afficher tous les résultats
Medfeminiswiya - Média féministe méditerranée
  • En mouvement
  • Explorations
  • Dossiers
  • Créations
  • Interviews
  • Opinions
  • Monde
Medfeminiswiya - Média féministe méditerranée
  • En mouvement
  • Explorations
  • Dossiers
  • Créations
  • Interviews
  • Opinions
  • Monde
Pas de résultat
Afficher tous les résultats
Medfeminiswiya - Média féministe méditerranée
Accueil Explorations

« Maintenant on va où ? » : escalade de violence et hostilités à la frontière libanaise

Pascale Sawma Pascale Sawma
31 octobre 2023
« Maintenant on va où ? » : escalade de violence et hostilités à la frontière libanaise

Environ 29 000 personnes ont été déplacées du sud du Liban et d’autres régions depuis début octobre.

Cette publication est également disponible en : English (Anglais) العربية (Arabe)

Le 17 octobre, Mirna, 45 ans, a dû quitter son village de Rmeish dans le sud du Liban, théâtre de fréquentes tensions entre le Hezbollah et Israël. « Nous sommes fatigués, vraiment fatigués. Nous attendions avec impatience la fin de la guerre de juillet 2006. Nous n’en pouvons plus », dit-elle lors d’un appel avec Medfeminiswiya après avoir déménagé à Ehden, un village isolé du nord du Liban.

Le mari de Mirna est resté à Rmeish dans la maison familiale. « Nous ne pouvons pas laisser la maison vide, explique cette mère de trois enfants. Il n’y a plus d’école, plus de vie. Nous ne savons pas ce qui va se passer. Le travail s’est arrêté, nous attendons simplement de voir ce qui va nous arriver, même si nous n’avons rien à voir avec toute cette histoire. »

Selon les derniers chiffres publiés par l’Organisation internationale des Nations unies pour les migrations, environ 29 000 personnes ont été déplacées du sud du Liban et d’autres régions du pays depuis le début du mois d’octobre, en raison de l’escalade de la violence à la frontière libanaise à la suite du déclenchement de la guerre contre Gaza. Ce nombre est susceptible d’augmenter à mesure que les combats à la frontière et dans la bande de Gaza continuent de s’intensifier.

A l’instar des femmes et des enfants de Gaza qui paient le prix le plus élevé de la guerre en cours dans la bande de Gaza, cette réalité s’applique aussi au Liban, vu le manque d’abris adaptés pour accueillir le nombre croissant de personnes déplacées.

À cela s’ajoutent les difficultés, déjà existantes, provoquées par la crise économique sévère dont souffre le Liban depuis fin 2019. Une situation qui a accru les souffrances des groupes vulnérables, en particulier les femmes, les enfants et les communautés marginalisées, car ce n’est pas tout le monde qui a le luxe de pouvoir louer un logement dans une zone plus sûre.

« Mon fils aîné souffre de crises de panique depuis la mort de son père. Il avait commencé à aller mieux récemment, mais son état s’est aggravé lorsque la situation s’est tendue à nouveau. Aujourd’hui, il ne parle plus que de la mort. »

Zainab, une habitante du village frontalier de Maroun al-Ras, a perdu son mari il y a quelques années. Aujourd’hui, elle vit seule avec ses cinq enfants face à une nouvelle série de batailles près de chez elle. « Au début, j’ai envisagé d’aller chez ma famille dans la Beqaa, mais j’ai changé d’avis, explique-t-elle. Ce n’est pas facile d’amener cinq enfants dans une maison familiale. J’ai essayé de tenir le coup et de rester chez moi au Sud, mais c’était insupportable. Mes enfants vivaient dans la terreur à cause des bombardements et des raids qui ont fini par devenir quotidiens dans la région. J’ai donc dû aller chez mes parents parce que je n’avais pas d’autre abri ni endroit où aller. Mais je suis consciente, bien sûr, que ma situation est meilleure que celle d’autres familles qui n’ont peut-être pas d’autre endroit où se réfugier, ni de lieu plus sûr où emmener leurs enfants, ajoute-t-elle, avant de poursuivre : Mon fils aîné souffre de crises de panique depuis la mort de son père. Il avait commencé à aller mieux récemment, mais son état s’est aggravé lorsque la situation est redevenue tendue. Aujourd’hui, il ne parle plus que de la mort. »

En l’absence d’abris et d’assistance suffisants et compte tenu du grand nombre de personnes déplacées, les écoles de la ville de Tyr ont été transformées en abris et sont devenues un refuge pour des milliers de personnes fuyant les villages frontaliers qui ne sont plus sûrs. Mais ces abris ne sont pas suffisants, surtout si le conflit se développe. En parallèle, l’année scolaire est toujours suspendue pour une durée indéterminée au Sud, et ces écoles transformées en refuge ne sont pas réellement équipées pour accueillir un tel nombre de personnes déplacées et leur offrir le gîte et le couvert, pour ne citer que ces deux besoins vitaux.

« Il n’y a plus d’école, plus de vie. Nous ne savons pas ce qui va se passer. Le travail s’est arrêté, et nous attendons simplement de voir ce qui va nous arriver. »

Dans ce contexte, le secrétaire général de la Commission supérieure de secours, le général de division Muhammad Khair, a déclaré lors d’un entretien avec la presse : « Nous travaillons comme une colonie d’abeilles pour nous préparer à toute guerre qui pourrait éclater au Liban pendant la guerre en cours en Palestine. Nous travaillons 24 heures sur 24 en coordination avec le Conseil pour le Sud afin de soutenir les centres d’hébergement pour les personnes déplacées des zones frontalières, et nous visons à offrir une assistance à tous les centres ».

Cependant, la réalité décrite par les personnes déplacées contredit cette affirmation et reflète la fragilité des mécanismes de secours, laissant présager une situation potentiellement désastreuse si les affrontements à la frontière sud se transforment en un conflit plus large. Les hôpitaux, par exemple, ont annoncé qu’ils ne pourraient pas tenir plus de 72 heures en cas de guerre, et il n’y a pas assez d’écoles à Tyr pour abriter tout le monde, surtout maintenant que l’hiver et le froid sont proches.

Pascale Sawma

Pascale Sawma

Pascale Sawma est une journaliste, autrice et romancière libanaise, avec plus de 10 ans d'expérience dans le domaine des médias en tant que productrice, scénariste, présentatrice et rédactrice. Elle est titulaire d'une licence en études des médias et d'une autre en littérature arabe. Elle est actuellement rédactrice en chef de Daraj media, journaliste pour Radio Rozana et collaboratrice indépendante pour plusieurs plateformes et organisations, dont Canal France International.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

J'accepte les termes et conditions et la Politique de confidentialité .

Sur le même sujet

مقالات ذات صلة

« Libres et Entières » : à Tours, une journée pour briser le silence sur l’excision
Explorations

« Libres et Entières » : à Tours, une journée pour briser le silence sur l’excision

Rania Hadjer
23 mars 2026

مقالات ذات صلة

L’avortement en Turquie : légalement autorisé mais interdit dans les faits
Explorations

L’avortement en Turquie : légalement autorisé mais interdit dans les faits

Contributrice Medfeminiswiya
27 septembre 2021

DÉCOUVREZ NOTRE NEWSLETTER

Contenu original. Journalisme féministe. Livré à votre adresse email.

    مقالات ذات صلة

    Les gardiennes du temple de la féminité : de l’ancêtre au fil d’actualité
    Explorations

    Les gardiennes du temple de la féminité : de l’ancêtre au fil d’actualité

    Rania Hadjer
    12 septembre 2024

    مقالات ذات صلة

    Femmes de ménage ivoiriennes en Tunisie : esclaves des temps modernes
    Explorations

    Femmes de ménage ivoiriennes en Tunisie : esclaves des temps modernes

    Olfa Belhassine
    6 juillet 2023

    Les plus aimés de la semaine

    En Méditerranée : les droits et les libertés sexuels et reproductifs sous pression
    Droits sexuels et reproductifs en Méditerranée

    En Méditerranée : les droits et les libertés sexuels et reproductifs sous pression

    Olfa Belhassine
    11 décembre 2025
    Elles ont 60, 70 ans et plus, et alors ?
    Vieillesse et femmes

    Elles ont 60, 70 ans et plus, et alors ?

    Olfa Belhassine
    16 mars 2026
    Au Bain des Dames, une mise à nue sur la plage de Marseille
    Vieillesse et femmes

    Au Bain des Dames, une mise à nue sur la plage de Marseille

    Olfa Belhassine
    16 mars 2026
    En mouvement
    Explorations
    Dossiers
    Créations
    Interviews
    Opinions
    Monde
    En mouvement
    Explorations
    Dossiers
    Créations
    Interviews
    Opinions
    Monde

    Medfeminiswiya est un réseau féministe qui rassemble des femmes journalistes travaillant dans le domaine des médias et de la production de l’information dans la région méditerranéenne.

    • A propos
    • Contextes pays
    • Notre communauté
    • Devenir membre
    • Nos Partenaires
    • Charte Éditoriale
    • Mentions légales

    Suivez nous sur :

    Découvrez notre newsletter

    Contenu original. Journalisme féministe. Livré à votre adresse email.

      © 2026 Medfeminiswiya – Réseau méditerranéen pour l’information féministe

      Back to top

      Welcome Back!

      Login to your account below

      Forgotten Password?

      Retrieve your password

      Please enter your username or email address to reset your password.

      Log In

      Ajouter nouvelle playlist

      Pas de résultat
      Afficher tous les résultats
      • En mouvement
      • Explorations
      • Dossiers
      • Créations
      • Interviews
      • Opinions
      • Monde
      • it VO
      • fr Français
      • en English
      • ar العربية

      © 2026 Medfeminiswiya - Réseau méditerranéen pour l'information féministe

      Ce site n'utilise pas de cookies. This website does not use cookies. هذا الموقع لا يستخدم ملفات تعريف الارتباط.