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Le monde mis à nu par la guerre d’octobre 2023

Alaa Murrar Alaa Murrar
12 octobre 2023
Le monde mis à nu par la guerre d’octobre 2023

La guerre d'octobre 2023 a réussi quelque chose : la mise à nu du monde dont elle a dévoilé les aspirations à la justice : notre humanité nous rassemblerait, et il existerait des valeurs internationales que nous sommes tenus de respecter. Cependant, dès qu'il s'agit de la Palestine, tous ces principes sont tour à tour bafoués et jetés aux oubliettes.

Cette publication est également disponible en : English (Anglais) العربية (Arabe)

Durant les dernières décennies, les pays européens, les États-Unis et Israël entre autres traitaient les citoyen.ne.s palestinien.ne.s comme des individus dépourvus d’humanité et de droits. Ils ont dépouillé les Palestinien.e.s de leurs territoires pour faciliter l’implantation d’un autre peuple. Ils ont privé le peuple palestinien de son droit à la vie, à l’éducation, à la santé et au travail. Pour ensuite sommer les Palestinien.e.s de garder le silence, à défaut de quoi la machine de guerre israélienne soutenue par ces États les cibleront et musèleront leur voix.

Les forces de l’occupation commettent des massacres sanguinaires à l’encontre des Palestinien.ne.s tous les jours – et je pèse bien mes mots. Tous les jours, on compte des victimes et des blessé.e.s.  Les forces d’occupation arrêtent des centaines de Palestinien.ne.s et entravent leur liberté d’expression tout en gardant le peuple entier à leur merci en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, placée sous un blocus asphyxiant.

Des violations auxquelles la presse occidentale qui se targue de son objectivité et de son professionnalisme n’accorde aucune importance, voire les passe sous silence sans chercher à faire les comprendre, ou à jeter l’opprobre sur leurs auteurs connus de tous. Cette même presse occidentale n’a pas manqué de verser des larmes en signe de compassion avec les forces d’occupation suite à l’attaque des brigades Ezzedine Al-Qassam (bras armé du Hamas) face aux injustices infligées aux Gazaouis.

Mû par l’émancipation, la résistance face à l’occupation et l’autodéfense, lorsque le peuple palestinien a voulu briser ses chaînes et se libérer de sa prison, il a été sévèrement condamné, contrairement aux pays opprimés qui auraient été encensés s’ils avaient fait de même. La volonté des Palestinien.ne.es est perçue comme « un acte criminel, terroriste et extrémiste » et les résistants décrits comme « des monstres sans pitié ».

La presse occidentale a non seulement dénoncé la révolte du peuple palestinien, mais elle a aussi détourné des images, à l’ère de la lutte contre la désinformation, et dépeint les victimes comme des tortionnaires. Alors que le monde entier souscrit au récit israélien, la presse des grandes puissances occidentales n’a prêté aucune attention à Gaza réduite en pierres et en cendres, ce que l’Histoire retiendra comme une tentative de génocide au vu et au su de tous, perpétré à coup d’armes illégales et de frappes aériennes inédites menées sans discernement.

Qu’a fait la presse occidentale pour les Palestiniens ? Elle a sommé l’autorité palestinienne et ses porte-paroles officiels de présenter leurs excuses. Et oui, elle leur a demandé de s’excuser publiquement en guise de condamnation des faits. Sans parler des chefs d’État qui remuent allègrement le couteau dans la plaie, par le biais de déclarations condamnant l’attaque baptisée « Déluge d’al-Aqsa » alors que les bourreaux et les victimes savent pertinemment que celle-ci répond aux crimes quotidiens intolérables contre le peuple palestinien, ses lieux saints, ses terres et ses biens. En outre, les discours faisant miroiter des promesses d’un soutien accru aux forces d’occupation sur le plan financer, militaire et moral ont pour corollaire l’acharnement des forces d’occupation sur les civil.e.s.

Pourquoi ces Forces considèrent-t-elles les Palestinien.n.es tué.e.s comme un moyen légitime pour la survie de l’occupation, voire même l’un de ses droits sous prétexte d’autodéfense ? De quoi l’occupation est-elle le nom ? De quelle faiblesse cherche-t-elle à se protéger ?

Comment la presse occidentale appréhende-t-elle tout cela ? Pourquoi ces Forces considèrent-t-elles les Palestinien.n.es tué.e.s comme un moyen légitime pour la survie de l’occupation, voire même l’un de ses droits sous prétexte d’autodéfense ? De quoi l’occupation est-elle le nom ? De quelle faiblesse cherche-t-elle à se protéger ? Seraient-ce l’outrecuidance et la vanité de l’occupation qui lui ont valu un soutien sans précédent dans l’Histoire ? Pourquoi avons-nous le rôle de méchants sous l’occupation alors que nos envahisseurs, eux, sont des innocents ?

Les forces d’occupation ont mené des attaques de représailles attendues. En outre, elles ont commis un septième massacre depuis 2008 – 2009 dans la bande de Gaza, avec un blocus complet cette fois. Le ministre israélien de la Défense, Yoav Galant a annoncé en toutes lettres : « Nous imposons un siège complet à Gaza. Pas d’électricité, pas de nourriture, pas d’eau ni de gaz… Une fermeture totale. La bande de Gaza ne sera plus jamais ce qu’elle était ».

En effet, avec quelques 2000 morts et des milliers de blessé.e.s sans compter la destruction des maisons, des mosquées et des hôpitaux, ainsi que les ambulances, les forces de défense civile, les médecins, les journalistes, les tours résidentielles, les sièges médiatiques et les commerces ciblés, Gaza ne sera plus jamais ce qu’elle était.

Pour rappel, la bande de Gaza est l’une des régions les plus peuplées au monde, où habitent environ 2400 000 Palestinien.ne.s dont 70% ont été expulsé.s.s de leurs territoires en 1948. La bande de Gaza a subi maintes violations israéliennes au fil des ans. En 2005, les forces d’occupation se sont retirées de l’enclave. Depuis le retrait, Israël lance des offensives militaires continues, dont certaines ont dégénéré en guerres sur plusieurs semaines, entraînant des milliers de morts et de blessé.e.s parmi les civil.e.s et l’effondrement d’une dizaine de milliers de maisons et d’installations sur la tête de leurs habitants, ainsi qu’une destruction à grande échelle des infrastructures du pays.

La bande de Gaza a longtemps été isolée. Israël a œuvré pour consolider la politique « d’isolement de la bande de Gaza » à travers le contrôle des check point, des frontières terrestres, maritimes et aériennes, la séparation de Gaza des territoires palestiniens et des autres pays, et le contrôle des produits qui entrent dans l’enclave d’un point de vue quantitatif et qualitatif.

Israël a interdit des centaines de produits à Gaza, provoquant ainsi une stagnation économique globale et une augmentation vertigineuse des taux de chômage et de pauvreté.  Selon les données publiées par Euro-Med Monitor, « le blocus israélien dans la bande de Gaza a affecté le secteur médical ainsi que la disponibilité du matériel médical et des lits. D’après les chiffres, il y a seulement 1.4 lits pour 1000 habitants dans les hôpitaux. De surcroît, 5 ménages sur 10 souffrent d’insécurité alimentaire. D’ailleurs, les heures de coupures de courant peuvent durer entre 12 et 16 heures chaque jour. »

Comment se situe la presse occidentale par rapport à ces données ?

Il est également judicieux de rappeler que les colons, jouissant de la protection des forces d’occupation, se permettent des provocations au quotidien à l’encontre des civil.e.s palestinien.e.s, y compris sur leurs lieux de culte. Des crachats, des coups, et des insultes dont ils assaillent les fidèles musulmans et chrétiens, le blocage des routes, le jet de pierres sur les voitures, les attaques contre les passants dans les villes et sur les routes externes, le brûlage des oliviers, le vol des récoltes…. À tout cela s’ajoutent les colonies expansionnistes en Cisjordanie et à Jérusalem.

Après des dizaines d’années d’occupation et de colonisation, nous en avons assez des discours de condamnation qui feignent de défendre nos droits bafoués tout en fermant les yeux sur la responsabilisation d’Israël, et de ses incessantes violations du droit international. Nous voulons que les États somment Israël explicitement et sans équivoques de mettre un terme à ses crimes et à ses abus en territoire palestinien, en le privant par exemple de soutien financier et militaire, suite à chaque violation.

Croyez-moi, aucun.e palestinien.e.s n’a assez de souffle pour parler longuement, encore moins de se confondre en explications alors que la guerre qui fait rage en ce moment a entraîné un lourd bilan humain et a fauché la vie à plusieurs de nos collègues journalistes qui, pendant leur couverture des faits sur le terrain, ont eux-mêmes fait la une.

Il s’avère désormais que le monde entend rester aveugle et muet, il est même prêt à laisser tomber son humanité pour protéger ses convoitises et ses narrations. La politique du « deux poids, deux mesures » n’a rien de scandaleux à ses yeux. Il est résolu à mener à bien son projet colonial qui trouve son origine dans la destruction du rêve palestinien et l’implantation de milliers de juifs dans notre territoire, celui de notre peuple.

La guerre d’octobre 2023 a réussi quelque chose : la mise à nu du monde dont elle a dévoilé les aspirations à la justice : notre humanité nous rassemblerait, et il existerait des valeurs internationales que nous sommes tenus de respecter. Cependant, dès qu’il s’agit de la Palestine, tous ces principes sont tour à tour bafoués et jetés aux oubliettes.

Alaa Murrar

Alaa Murrar

Alaa est une journaliste palestinienne diplômée de l'université de Birzeit, où elle s'est spécialisée dans le journalisme et les médias, avec la sociologie comme matière secondaire. Elle a travaillé avec plusieurs médias locaux, notamment dans le domaine de la préparation et de la présentation de talk-shows quotidiens matinaux et hebdomadaires. Alaa travaille actuellement pour le "Raya Media Network" en tant que productrice et présentatrice d'émissions innovantes traitant de questions économiques et juridiques, ainsi que de questions liées à la jeunesse. Elle avait auparavant travaillé pour "Nisaa FM", surnommée la "première radio pour les femmes au Moyen-Orient".

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Actuellement étudiante en Master 1 de Médias, Genre et Cultural Studies, elle publie principalement des piges pour des médias francophones. Présidente du média jeune Weshculture depuis 2024 pour lequel elle réalise à la fois des formats audiovisuels mais aussi des articles, elle a aussi travaillé avec Nawaat où elle a pu publier un article sur leur blog collaboratif.
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