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Nawal El Saadaoui : « Je suis plus libre que Simone de Beauvoir »

Olfa Belhassine Olfa Belhassine
2 mai 2022
Nawal El Saadaoui : « Je suis plus libre que Simone de Beauvoir »

Le 21 mars 2021, décédait, à l’âge de 89 ans, l’égyptienne Nawal El Saadaoui, icone du féminisme arabe. En hommage à ce parcours de femme rebelle, d’un courage inouï et d’un esprit révolutionnaire bravant tabous, censure et dictature, Hafidha Chakir, juriste et féministe tunisienne vient de lui consacrer un petit ouvrage*, « Nawal El Saadaoui. Recueil de textes ».

Cette publication est également disponible en : English (Anglais) العربية (Arabe)

Hafidha Chekir revient dans « Nawal El Saadaoui. Recueil de textes », sur les idées et les textes phares de cette psychiatre et écrivaine engagée depuis les années 50  dans une bataille pour la liberté des femmes de son pays. Un monument de l’engagement en faveur de la dignité des femmes et  qui n’a pas manqué de marquer le mouvement féministe autonome tunisien depuis son apparition à la fin des années 70.

Née en 1931 dans un village au nord du Caire, elle subit une excision à l’âge de six ans.

« C’est dans cette grande douleur et dans l’humiliation que je devins féministe. Ce n’est pas un choix, c’est un instinct de survie », dira-t-elle.

Cet évènement qui l’imprègnera à tout jamais lui donnera également la force de mener plusieurs campagnes pour combattre ce fléau. Car affirmera-t-elle : « Il s’agit d’un outil d’oppression des femmes ». A 10 ans, sa famille tente de la marier, elle va s’y opposer farouchement et sa mère prendra son parti. En 1981, elle est condamnée pour une peine de trois mois de prison dans les geôles du Président Sadate pour avoir critiqué sa loi sur le parti unique. Dans les années 1990, elle connait l’exil aux Etats Unis. Tout au long de plusieurs années, la persécution des dignitaires religieux, qui lui reprocheront d’inciter les femmes arabes à vivre pleinement leur sexualité ne dépérira jamais.

Lorsque l’autobiographie se mêle à la fiction

De sa vie, de ses rencontres, de ses connaissances de la société égyptienne mais aussi de son métier de médecin de campagne pendant longtemps, elle va tirer la matière de son écriture, qui oscille entre autobiographie et fiction. Ses œuvres les plus emblématiques s’étalent sur le temps : Mémoires d’une femme docteure (1958), La Femme et le sexe (1969), La Face cachée d’Eve (1977), Le Voile (1978), Mémoires de la prison des femmes (2002)…

Comme citée par Hafidha Chekir, dans l’introduction de Mémoires de la prison des femmes, un livre rédigé en prison sur du papier toilette et à l’aide d’un crayon à sourcils offert par une prostituée, elle affirme que la seule arme dont elle dispose reste l’écriture pour se défendre, défendre sa liberté et celle des autres.

« Je vais écrire, je continuerai à écrire même s’ils m’enterrent et même s’ils saisissent mon crayon et mon papier, j’écrirai sur les murs, sur la terre, sur le soleil et sur la lune ».

En 1981, le magazine américain Time lui consacre sa couverture et la désigne parmi ses 100 femmes les plus influentes de l’année. Nawal El Saadaoui a reçu le long de sa longue vie d’innombrables marques de distinction, qui lui ont valu une comparaison récurrente avec Simone de Beauvoir.

« Non, je ne veux pas être identifiée à de Beauvoir ! », protestait-elle.

Elle explique dans un article dont Hafidha Chekir glane une citation : « Simone de Beauvoir était jalouse et obsédée de Sartre. Moi je suis beaucoup plus libre ».

Le voile et la nudité

Parmi les idées qu’elle a défendues et qui ont construit sa pensée féministe il y a la question du voile et son contraire, à savoir la nudité. Et si la psychiatre s’oppose au port du voile en affirmant que cet étendard des islamistes représente « un symbole politique dangereux de la servitude des femmes. Pourquoi couvrir la tête de la femme ? La tête de la femme est son honneur et sa dignité », elle épingle les vêtements qui dénudent le corps de la gente féminine. Pour elle, pour vivre réellement dans une société égalitaire, la nudité devrait être l’apanage des femmes et des…hommes. Comme le voile qui, dit-on, prémunit contre la convoitise des hommes, devrait également couvrir leurs têtes à eux.

« L’homme a des désirs sexuels, mais la femme aussi. Pourquoi alors ne pas voiler l’homme que la femme pourrait désirer ? », écrit-elle dans son ouvrage « Le Voile ».

« Je vais écrire, je continuerai à écrire même s’ils m’enterrent et même s’ils saisissent mon crayon et mon papier, j’écrirai sur les murs, sur la terre, sur le soleil et sur la lune »

Pour toutes ses idées innovantes,  Nawal El Saadaoui a inspiré de nombreux mouvements féministes en particulier de gauche dans le monde arabe, dont l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) créée en 1989, où Hafidha Chekir continue à lutter par ses recherches et ses plaidoyers pour des lois plus égalitaires et plus favorables aux femmes. L’ATFD a, entre autres, pris de Nawal El Saadaoui sa conviction sur l’intersection entre les luttes féministes, le combat pour la démocratie et l’engagement pour les droits humains.

Citée par Hafidha Chekir, l’écrivaine Fawzia Zouari dans un article écrit dans le journal Libération, témoigne de l’empathie que la psychiatre égyptienne exprimait pour les femmes du monde arabe et de la place prépondérante qu’elle occupait chez les jeunes générations des années soixante, soixante-dix, quatre-vingts et quatre-vingt-dix : « Lorsque nous avions la chance de la rencontrer, elle nous interpellait sans ménagement, avec cette phrase où l’on ne savait démêler la curiosité de l’agacement : “Qui êtes-vous ? ”. Nous nous présentions timidement. Elle nous serrait alors dans ses bras, nous faisant passer à jamais dans son camps ».

* Nawal El Saadaoui. Recueil de textes introduit par Hafidha Chekir. Cetim, Genève 2022
Olfa Belhassine

Olfa Belhassine

Olfa Belhassine a travaillé en tant que journaliste au quotidien La Presse de Tunisie de 1990 à 2023. Après la Révolution de 2011, elle publie sur Libération, Le Monde et Courrier International des articles témoignant de son expérience de journaliste avant et après la chute du régime du président Ben Ali. En 2013, elle obtient le premier Prix du journalisme du Centre de la Femme arabe pour son enquête sur le mariage coutumier en Tunisie publiée sur le journal La Presse. Elle est depuis 2015 la correspondante en Tunisie de JusticeInfo.net, un site spécialisé dans la justice transitionnelle à travers le monde. Avec Hedia Baraket, Olfa Belhassine a publié, en 2016, un livre intitulé "Ces Nouveaux Mots qui font la Tunisie", une analyse approfondie sur la transition politique en Tunisie après la révolution.

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