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« Artisane » ressuscite les savoir-faire des femmes du sud tunisien

Olfa Belhassine Olfa Belhassine
28 décembre 2022
« Artisane » ressuscite les savoir-faire des femmes du sud tunisien

Une exposition collective intitulée « Artisane » et organisée par le PNUD vient de présenter le travail de près de 300 femmes du sud tunisien. L’évènement a connu un grand succès. Grâce à une scénographie, qui met en valeur les objets, la frontière avec le design disparait presque. L’exposition « Artisane » s’est déroulée au moment de la campagne des 16 Jours d’activisme contre la violence basée sur le genre. Elle dit à quel point l’autonomisation des femmes peut les prémunir contre toutes les formes de vulnérabilité.

Le Palais Kheireddine, au cœur de la médina de Tunis, magnifique édifice italianisant construit par le ministre Kheireddine Pacha au début du dix-neuvième siècle, s’est paré du 3 au 11 décembre des mille et un savoir-faire des femmes originaires des gouvernorats de Gabès, Kébili, Tataouine, Gafsa, Tozeur et Médenine, dans le sud tunisien. L’exposition « Artisane », s’inscrit dans le cadre du programme conjoint PNUD-ONU Femmes : « Faire face au prix de la violence sociale et économique dans la Tunisie post COVID-19 » financé par le Canada. Elle incarne le couronnement d’une expérience lancée en mars 2022, au cours de laquelle près de 300 artisanes se sont attelées, encadrées par deux designers, à savoir Olfa Trabelsi et Marwa Fehri, à développer une variété de produits de l’artisanat local. Une panoplie de compétences transmises à travers les âges : tapisserie, poterie, joaillerie, produits de vannerie, tissage à la main et broderie. Dans le coin boutique de l’exposition, des produits de l’agro-alimentaire de ces terroirs, au packaging soigné et revisité par Marwa Fehri, s’offrent aux consommateurs.

Un tapis tissé comme une belle histoire

Kmar Naceur. Photo Olfa Belhassine

Elle, qui il y a encore deux années était confinée chez elle à essayer de glaner quelques commandes ici et là, la voilà, les yeux brillants d’étoiles, propulsée aux devants de la scène, ses objets valorisés par une belle scénographie se sont arrachés comme des petits pains dès le premier jour de l’évènement. Kmar Naceur, 53 ans, est venue de Gabes avec ses sous plats, paniers, couffins, abat-jours, porte-clés… Sa spécialité, la vannerie dans toutes ses fibres, nuances et techniques.

« Je reviens de cette expérience enrichie d’une plus grande maitrîse de mon métier mais également de l’amitié et de la solidarité avec les autres artisanes de mon groupe. Nous avons créé une page privée sur Facebook pour continuer à échanger, à se soutenir et même à commercialiser les objets des unes et des autres à travers nos circuits personnels », témoigne Kmar Naceur.

L’artisane évoque l’expérience de la conception d’un tapis en folioles de palmier de plus de 2m, 50 de diamètres exposés au palais Kheireddine. Pendant plus d’un mois, une vingtaine de femmes de l’Association « She is the goal » de l’oasis de Chenini à Gabes, dont elle fait partie, encadrées par les deux designers recrutées par le PNUD, ont travaillé ensemble sur cette pièce inédite de par ses dimensions. Dans une belle ambiance, elles ont associé leurs efforts autour du tri, de la taille, du tressage des fibres de palmiers, des spécialités qu’elles pratiquaient d’habitude chacune dans son coin. Le montage de ce format nécessitant la présence simultanée de plusieurs artisanes, ce regroupement a permis la transmission de techniques et d’expériences entre les femmes.

« Pour moi, ce tapis incarne une belle histoire. Celle d’une passation de savoir-faire fluide et spontanée ! », s’émeut Olfa Trabelsi.

Tapis. Photo OlfaBelhassine

Douées pour le design !

L’exposition « Artisane », qui a ciblé des femmes du sud du pays, vivant dans des zones parfois enclavées et n’ayant pas bénéficié de circuits de valorisation et d’appui à leurs compétences semble avoir atteint son objectif. Il s’agit de réaliser des objets de qualité destinés aux nouveaux marchés, et former des artisanes sur des réflexes de professionnelles sur plusieurs aspects du produit, tels que le choix des couleurs, l’image de marque ainsi que les méthodes de présentation et de communication autour des produits.

Quand l’artisanat se fait design. Photo Olfa Belhassine

« Tout en fournissant aux femmes les matières premières et les encadrant légèrement, nous les avons laissé elles-mêmes chercher, cogiter, brain stormer pour trouver les meilleures formes, modèles et astuces afin de développer leurs produits. Certaines se sont révélées d’une grande ingéniosité, vraiment douées pour le design », ajoute Olfa Trabelsi encore émue par ce processus d’immersion dans les ateliers.

Des chemins de table brodés de motifs prophylactiques, des mergoums teints avec des coloris naturels, des plaids moelleux à base de laine vierge, des luminaires légers comme une feuille de palmier, des tabourets en jonc tressé, des colliers pour les mariages à base de skhab, une pâte d’épice connue pour être aphrodisiaque, de grands vase en poterie à l’allure primitive, modelés et polis à la main, solides et durables grâce au façonnage en colombins très fins.…Esthétique et fonctionnalité vont ici de pair, tout en racontant un héritage transmis de mère en fille depuis la nuit des temps.

« Si les prix des pièces, qui se présentent à nous semblent élevés, c’est parce que nous nous sommes habitué.e.s. à sous payer les artisanes. Il s’agit à mon avis du juste prix, celui des heures passées sur son ouvrage. Comment peut-on les encourager si on continue à les exploiter ? », s’insurge Nadia Jelassi, plasticienne, commissaire d’expositions et fille de brodeuse, qui a consacré deux visites à l’exposition.

Elles représentent 80 % du secteur  

Pour ce programme précis, le PNUD a cherché des solutions adaptées à chaque artisane ou groupe d’artisanes pour les faire gagner en autonomie financière, en développant l’attractivité de leurs produits. Ce qui leur fournirait les moyens de se protéger des crises actuelles et futures. Face aux conséquences désastreuses du Covid sur l’artisanat tunisien (40 millions de stocks d’invendus en juin 2020), les artisanes, qui représentent 80 % du secteur, restent aux premières lignes de la crise économique.

« Le PNUD en Tunisie priorise la lutte contre les violences basées sur le genre, qu’elles soient économiques, sociales ou physiques. Nous appuyons les personnes les plus vulnérables et particulièrement les femmes en favorisant leur réinsertion et leur résilience économique, qui sont des étapes essentielles pour leur protection contre toutes formes de violence », explique Céline Moyroud, la Représentante Résidente.

Reste la question récurrente de la commercialisation sur le long terme des fruits du labeur des artisanes.

« Nous sommes en train d’étudier cette problématique avec le PNUD. Pour la première fois, une base de données d’artisanes compétentes et chevronnées a été livrée aux professionnel.l.e.s. Alors que d’habitude chacun.e tient secrète sa liste d’artisan.e.s. D’autre part, les femmes, au cours de l’évènement sont entrées en relation avec des créateurs et des responsables de concept stores pour de probables collaborations, échanges et mise en vente de leurs produits », ajoutent d’une seule voix Olfa Trabelsi et Marwa Fehri.

En attendant Kmar Naceur aura vécu une expérience inoubliable et tissé des amitiés, qui vont, elle en est convaincue, se renforcer dans les mois et les années à venir.

Olfa Belhassine

Olfa Belhassine

Olfa Belhassine a travaillé en tant que journaliste au quotidien La Presse de Tunisie de 1990 à 2023. Après la Révolution de 2011, elle publie sur Libération, Le Monde et Courrier International des articles témoignant de son expérience de journaliste avant et après la chute du régime du président Ben Ali. En 2013, elle obtient le premier Prix du journalisme du Centre de la Femme arabe pour son enquête sur le mariage coutumier en Tunisie publiée sur le journal La Presse. Elle est depuis 2015 la correspondante en Tunisie de JusticeInfo.net, un site spécialisé dans la justice transitionnelle à travers le monde. Avec Hedia Baraket, Olfa Belhassine a publié, en 2016, un livre intitulé "Ces Nouveaux Mots qui font la Tunisie", une analyse approfondie sur la transition politique en Tunisie après la révolution.

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