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Nous avons tant besoin de la « Pilule rouge » pour sauver le féminisme en Syrie !

Rahada Abdoush Rahada Abdoush
21 juin 2022
Nous avons tant besoin de la « Pilule rouge » pour sauver le féminisme en Syrie !

Pour quelle raison les féministes aux États-Unis d'Amérique, pays où elles jouissent de plus de droits, sont-elles détestées ? Et les féministes en Syrie, pays où elles ne jouissent pas de leurs droits les plus élémentaires, sont-elles également détestées ?

Cette publication est également disponible en : العربية (Arabe)

Cassie Jaye, la réalisatrice du film La pilule rouge (The Red Pill) sorti en 2016, a essayé d’explorer le mouvement des droits des hommes misogynes et d’approfondir le sujet pour comprendre le monde et les problèmes masculins de leur point de vue. Les hommes qu’elle a rencontrés se sentent abusés, exploités économiquement, sexuellement et légalement sans pouvoir susciter de la compassion pour leurs maux. « Le cancer du sein bénéficie de fonds énormes, mais personne ne se soucie du cancer de la prostate », déclare l’un des personnages du film. À la fin de son film, la réalisatrice éprouve de la sympathie pour ces hommes, et déclare ne plus se qualifier de féministe désormais.

Alors que je regardais le film dans le cadre d’un colloque sur le féminisme syrien, vient à ma mémoire l’intervention en 2008 d’un député de l’Assemblée du peuple lors d’un colloque à Damas sur l’abolition des circonstances atténuantes pour les auteurs de crimes dits d’honneur. Il cria à tue-tête : « vous voulez qu’on abolisse les  crimes d’honneur  donc vous voulez que nos femmes se pavanent dans les rues ? »  Et d’ajouter : « l’abolition, sous des prétextes pourris, du meurtre des femmes est un appel incitant les femmes à se vendre, à se prostituer et à parader dans la rue ! »

Je me souviens aussi d’une autre voix lors d’un symposium de 2009 sur la signification du genre. Celle d’un prédicateur religieux qui s’en prenait aux militantes féministes analysant la dimension sociale dans le débat sur le genre et le sexe. Il avait raconté une histoire à titre d’exemple : celle d’un jeune homme qui cherchait une femme, chaque fois que celui-ci proposait le nom d’une jeune-fille, son père lui disait : « Ne l’épouse pas. J’ai eu une relation sexuelle avec sa mère, il se peut qu’elle soit ta sœur. Lorsqu’il s’en plaignit à sa mère, elle lui répondit : « Epouse qui tu veux parce que celui que tu crois être ton père ne l’est pas, donc tu n’es pas son fils.»  Pour ce prédicateur, c’est donc à cela que menait le concept de genre dont il pensait que nous, les féministes, faisions la promotion. Il le dit avec un éclat de rire qui exprimait clairement une haine profonde envers les féministes, le genre et plus généralement le droit des femmes, considérant ces dernières comme les pires ennemies de l’homme.

En Syrie, de nombreuses voix s’expriment contre les femmes et les féministes. Leur haine ne se focalisent pas seulement sur les lois ou sur certaines sociétés, religions et communautés. Souvent, les femmes, et ce, dans tous les milieux, sont considérées comme désobéissantes si elles ne satisfont pas au devoir conjugal ce qui les privent du droit à la pension alimentaire. Donc, en vertu de la loi, le mari a le droit de violer sa femme.

Dans cette même optique, la femme manquant également d’intelligence, son avis n’est pas valable dans les questions juridiques liées au mariage, à la mort et à l’héritage. Dans les communautés druzes, elle ne mérite que le bannissement (Beit al maqatia’). C’est encore elle qui n’a pas droit à l’héritage dans les zones rurales chrétiennes et alaouites, malgré les articles de la loi syrienne prévoyant l’égalité entre les femmes et des hommes en matière d’héritage. C’est toujours elle qui peut être divorcée par le pouvoir d’un mot prononcé dans le cadre du divorce administratif. C’est elle qui est privée de la garde de ses enfants si ses parents ne sont pas d’accord pour les accueillir au domicile familial lorsqu’elle y revient. Ou si elle se remarie.

Les histoires de haine envers les femmes sont interminables. Certains exigent qu’on les batte pour les rendre dociles parce que les femmes sont « comme des olives qui n’aiment rien d’autre qu’être écrasées ». Le cas d’Ayat al-Rifai, qui a bouleversé l’opinion publique syrienne, n’est rien d’autre qu’une histoire récurrente qui se produit tous les jours. Il se trouve que cette histoire particulière est sortie au grand jour, ce qui a embarrassé la justice. Celle-ci a décidé l’arrestation du mari, de la mère et du père d’Ayat qui s’étaient ligués pour la maltraiter à mort.

Paul Elam, de l’association La voix des hommes

Dans le film La pilule rouge, Paul Elam, de l’association La voix des hommes, parle de sanctions inégales dans la loi. Il déclare que les hommes sont punis 63% plus que les femmes. Mais là, il manque de mentionner le fait que les hommes commettent des crimes dans des proportions plus importantes que les femmes, et que si celles-ci ne sont pas emprisonnées dans les geôles de l’État, elles le sont dans celles du domicile. Enfin, il ignore que, contrairement aux femmes, les hommes bénéficient de l’acquittement en cas de nombreux délits ou crimes, et de pardon lorsqu’ils justifient leur comportement par des accès de colère.

Quand Harry Crouch, président de l’Alliance nationale des hommes, évoque dans le film des problèmes d’absence d’autorité paternelle, je me souviens qu’en Syrie, les femmes se voient toujours refuser leur droit évident à la tutelle, à la curatelle et à prendre des décisions dans les affaires familiales si le mari, un parent masculin ou un membre masculin de sa branche familiale est encore en vie.

Harry Crouch, président de l’Alliance nationale des hommes

Récemment, l’affaire Amber Heard et Johnny Depp est arrivée à point pour encourager les tenants du patriarcat à considérer les femmes comme des menteuses et à voir dans l’issue de ce procès une victoire masculine et une défaite du féminisme. C’est ainsi que la souffrance de millions de femmes est ignorée et qu’on oublie l’essence de la pensée féministe qui appelle à l’égalité et à la justice quelles que soient les différences et les obstacles imposés par la société.

La principale question que le film m’a incitée à poser est la suivante : pour quelle raison les féministes aux États-Unis, pays où elles jouissent de plus de droits, sont-elles détestées ? Et les féministes en Syrie, pays où elles ne jouissent pas de leurs droits les plus élémentaires, sont-elles également détestées ? Si signifie quelque chose, c’est que la faille ne réside pas dans notre discours de féministes ou dans notre terminologie sans équivoque, mais dans une haine permanente envers nous.

Ceux qui ont besoin de la pilule rouge sont des machos qui ne comprennent pas nos concepts de justice fondamentale car trop occupés à commettre des injustices et à profiter de privilèges. Ils n’essaieront pas d’en cerner le sens car, contrairement à Cassie Jaye, ils ne chercheront pas à s’approcher, même d’un pouce, de l’autre pour le comprendre et peut-être saisir le sens du féminisme afin de soutenir le changement de pratiques et de lois injustes.

Rahada Abdoush

Rahada Abdoush

Syrienne, Rahada est avocate et militante des droits des femmes depuis 2003. Cette journaliste, dont le travail a été publié dans plusieurs médias arabophones, est également formatrice spécialisée dans l'intégration de perspectives et représentations de genre plus justes dans les médias.

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