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Les images sans stéréotypes de Fotonica

Federica Araco Federica Araco
25 décembre 2024
Les images sans stéréotypes de Fotonica

À Bologne, l'agence de communication Comunicattive bouscule les codes de la représentation visuelle. Avec son projet Fotonica, elle crée une banque d'images pour illustrer la diversité des corps et des identités. L'objectif ? Libérer les médias, institutions et campagnes de communication des stéréotypes sexistes, racistes, capacitistes et homolesbotransphobiques, pour construire des récits inclusifs et authentiques.

Cette publication est également disponible en : English (Anglais) العربية (Arabe)

Photo de couverture: Illustration de Meriodoc, Fotonica. 

“Comunicattive” est une agence de communication basée à Bologne, qui travaille depuis vingt ans dans une perspective de genre, réalisant des campagnes contre les stéréotypes racistes, sexistes, capacitistes et homolesbotransfobiques, véhiculés par les médias et les institutions.

Le 5 novembre, elle a lancé un nouveau projet ambitieux : « Fotonica », une banque d’images visant à représenter les femmes, les migrant.e.s, les personnes handicapées et les membres de la communauté LGBTQAI+ de manière authentique, originale et plurielle.

Samantha Cavicchi, Elisa Coco, Stefania Guidi, Lucia Jorini, les quatre membres de Comunicattive.

Ainsi, des dizaines de photographies, d’illustrations et de représentations graphiques, soigneusement sélectionnées, sont dès à présent disponibles pour donner voix et visibilité à ces personnes, généralement cibles de discrimination et exclues des circuits traditionnels.

L’objectif est désormais de les partager avec les journaux, les sites d’information, les organismes publics, les agences de publicité et les maisons d’édition afin de construire une narration différente sur le monde, et déclencher un changement culturel et social radical, ne s’exprimant pas seulement à travers les mots.

En effet, les images jouent un rôle fondamental dans la retransmission et le renforcement des préjugés et des stéréotypes. Le fait de les choisir à bon escient peut permettre de les déconstruire et de les combattre. De fait, les photographies, habituellement utilisées pour représenter la diversité, semblent fabriquées à l’emporte-pièce. Elle présentent souvent des traits qui simplifient et généralisent des opinions erronées, déformées et biaisée sur cette diversité.

Comment raconter la violence de genre ?

Nous connaissons les images victimaires et culpabilisantes utilisées quotidiennement dans les médias lorsqu’il s’agit de violences basées sur le genre. Dans la plupart des cas, elles montrent une jeune femme blanche et mince se protégeant d’une main, accroupie dans un coin, couverte d’ecchymoses, aux vêtements déchirés.

Les images jouent un rôle fondamental dans la retransmission et le renforcement des préjugés et des stéréotypes. Le fait de les choisir à bon escient peut permettre de les déconstruire et de les combattre.

Samantha Cavicchi, Elisa Coco, Stefania Guidi et Lucia Jorini, les quatre membres de Comunicattive expliquent qu’en  ayant recours à ce type de représentations, on commet essentiellement deux erreurs : d’une part, on véhicule l’idée que cette jeune femme ne peut échapper à une dynamique faite d’abus, d’autre part, que seule la violence physique existe, à l’exclusion de toutes les autres, tout aussi dangereuses et répandues, telles que les violences psychologiques, économiques, numériques et sexuelles.

Photo de Francesca Poggioli, Fotonica.

« Nous voulons des images qui placent la femme au centre d’un réseau d’aide et de soutien, des images qui la rendent protagoniste d’une réaction de fierté face à la violence ou, encore, qui racontent que d’autres personnes sont à l’écoute de son vécu », peut-on lire dans une note, qui précise également que l’un des aspects essentiels sur lesquels il faut insister est que ces femmes ne doivent pas se sentir fragilisées, ni seules.

C’est pourquoi, selon les autrices : « nous avons besoin de photos, d’illustrations et de conceptions graphiques représentant une multitude de sujets, ne concernant pas seulement des femmes blanches, hétérosexuelles, jeunes et valides, mais aussi celle des femmes racisées, handicapées, grosses, lesbiennes et transgenres ».

D’ailleurs, toute personne ayant de l’expérience dans ce domaine peut contribuer à ces archives visuelles, « en privilégiant les photos de groupes et de communautés qui véhiculent l’idée d’un réseau accueillant et solidaire, et en valorisant les “portraits altiers” de toutes celles qui s’insurgent contre la violence, au lieu de la subir », pour exprimer force et confiance. Dans la représentation des auteurs de violences, il est également essentiel d’éviter les stéréotypes qui tendent à faire des agresseurs des monstres ou des personnages anonymes pris de colères soudaines, car dans la plupart des cas, il s’agit de parents ou de partenaires.

Afin de les représenter de manière plus authentique, respectueuse et plurielle, Fotonica recueille des photos ou des illustrations de visages, de corps et de groupes de personnes réelles « et non des personnes prétendant être LGBTQIA+, ou calquant des modèles hétéronormatifs pour clichés arc-en-ciel ».

Sous-représentation de la communauté LGBTQIA+

Illustration de Beatrice Costamagna, Fotonica.

Les personnes non binaires, homosexuelles ou transgenres sont très souvent complètement absentes des médias et de la communication institutionnelle, ou, encore, elles sont représentées sous forme d’images déformées et stéréotypées qui exacerbent encore davantage les discriminations qu’elles subissent.

Afin de les représenter de manière plus authentique, respectueuse et plurielle, Fotonica recueille des photos ou des illustrations de visages, de corps et de groupes de personnes réelles « et non des personnes prétendant être LGBTQIA+, ou calquant des modèles hétéronormatifs pour clichés arc-en-ciel (1) ». Il faut, en effet, non seulement donner de l’espace à celles et ceux qui parviennent à exprimer leur subjectivité, mais aussi restituer ce sentiment de communauté et de soutien mutuel qui caractérise ce monde, en en racontant la normalité de la vie quotidienne.

« Nous voulons des corps différents de ceux que nous proposent les magazines sur papier glacé, les spots télévisés ou les sites, revendique l’appel. Nous les voulons gros, handicapés, racialisés et fiers. Nous voulons toutes les couleurs, pas seulement celles de l’arc-en-ciel. »

Contre le capacitisme, le racisme, la fatphobie, la misogynie et le sexisme

Chaque corps non conforme subit quotidiennement les effets délétères de représentations réductrices que la norme partagée voudrait imposer à chaque femme.

Le piétisme, la méfiance, l’objectivation sexuelle, l’exclusion sociale et la stigmatisation sont des manières de pénaliser ces subjectivités, observées et décrites essentiellement à travers un prisme masculin déformant, produisant des contenus destinés à un public tout aussi masculin, blanc, hétérosexuel, cis et valide.

Pour Fotonica, chaque photo que nous voyons, devrait interroger chez le spectateur ce qu’elle montre et ce qu’elle exclut. Quelles émotions suscite-t-elle ? Et quelles réactions en chaîne est-elle capable de produire ?

NOTE : Rainbow washing est un terme issu de la fusion des mots anglais « rainbow » (arc-en-ciel) et « whitewashing » (blanchiment) et indique la tendance à présenter quelque chose comme gay-friendly afin d’en accroître l’acceptation par le public, et donc la visibilité.
Federica Araco

Federica Araco

Journaliste, Federica Araco a collaboré à la version italienne du magazine en ligne Babelmed pendant 9 ans comme rédactrice et traductrice du français et de l’anglais vers l’italien. Elle a été rédactrice en chef de la revue trimestrielle “The Trip Magazine” dédié au voyage et à la photographie. Elle a également collaboré à d’autres magazines italiens : LiMes, Internazionale, Left. Ses thèmes de prédilection sont les questions de genres, le féminisme, le multiculturalisme, l’exclusion sociale, les phénomènes migratoires, l’écologie et le développement durable. Depuis 2016, elle publie aussi des photo-reportages de voyage sur son blog.

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