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Entretien avec Feriel Lalami, politologue et docteure en sociologie

Ghania Khelifi Ghania Khelifi
13 juillet 2023
Entretien avec Feriel Lalami, politologue et docteure en sociologie

L’interaction entre les revendications féministes dans le pays d’origine et la France est, selon elle, un passage obligé pour lever les obstacles et les inégalités qui pèsent sur les femmes immigrées.

Cette publication est également disponible en : English (Anglais) العربية (Arabe)

Feriel Lalami est politologue et docteure en sociologie. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages et articles sur la condition des femmes et des mouvements féministes au Maghreb. L’interaction entre les revendications féministes dans le pays d’origine et la France est, selon elle, un passage obligé pour lever les obstacles et les inégalités qui pèsent sur les femmes immigrées. La revendication essentielle est donc celle d’un statut autonome pour les migrantes.

Le projet de loi sur l’immigration annoncé par le gouvernement français ne semble pas apporter du nouveau concernant le statut des femmes migrantes et issues de l’immigration. Quelle lecture en faites vous à ce stade?

Il faut commencer par rappeler que 52% des arrivant·e·s en France sont des femmes.

Entre autres points, le projet de loi vise une immigration choisie. Il s’agit non seulement de siphonner les métiers importants, soit pour le développement économique (médecins, informaticiens par exemple) mais aussi les métiers dits en tension. Ces métiers du care n’attirent pas à cause de leurs difficultés et de leur faible niveau de rémunération et c’est par ce secteur que les femmes des pays les plus pauvres vont être sollicitées. Les Philippines dans le monde en illustrent les effets . Les nounous qui viennent de ce pays sont employées, parfois exploitées par les familles riches dans nombre de pays. À quel prix ? Elles qui doivent s’occuper d’enfants, ont laissé les leurs au pays pour pouvoir envoyer leurs économies et faire vivre toute leur famille. Salaires dérisoires et conditions de travail dégradées, telle est la dure réalité des métiers du soin aux personnes.

En ce qui concerne l’importation des métiers à haute qualification, les pays riches ne se rendent pas compte de l’effet boomerang qu’elle produit. En effet, en privant les populations locales des conditions de développement, les candidatures au départ se multiplieront puisque le tissu socio-économique est appauvri.

Salaires dérisoires et conditions de travail dégradées, telle est la dure réalité des métiers du soin aux personnes.

En dehors de quelques initiatives notamment d’associations, la question des droits des femmes migrantes n’est pas prioritaire en France dans le débat public sur l’immigration dominé par ailleurs par la  droite et l’extrême droite. Comment expliquez vous cette absence de la parole féministe?

Dans le mouvement féministe en France, le thème des violences faites aux femmes est prioritaire ainsi que la discrimination économique, notamment l’inégalité salariale. Or, la question des femmes migrantes relève de ces deux aspects. Bien qu’elle soit posée depuis de nombreuses années, la question des femmes migrantes est soulevée par certaines associations (APEL-Egalité, Rajfire… ou d’autres collectifs d’associations). Cependant elle n’est pas assez entendue. La revendication essentielle est celle d’un statut autonome pour les femmes migrantes avec droit au travail. En effet, quand elles sont dans un processus de regroupement familial ou de régularisation en cas de mariage ou de PACS avec un Français ou un étranger résident, elles sont parfois victimes de violences compte tenu de leur vulnérabilité et la possibilité de chantage à la carte de séjour. Elles ne savent pas qu’être victimes de violences peut donner accès à un droit au séjour.

Les Algériennes et les Marocaines continuent d’être régies par les accords bilatéraux entre leur pays et la France. Est ce que l’Etat français peut – pourrait- déroger à ces accords et appliquer le droit commun aux femmes de ces deux nationalités ?

La justice est obligée de traduire sur le sujet des conflits familiaux le droit et la jurisprudence européenne. Aussi les effets des accords bilatéraux, d’ailleurs plus contraignants pour les Marocaines, ont évolué de ce fait. Donc les femmes, en cas de divorce par exemple, ont des recours qui vont limiter les conséquences d’un jugement prononcé en Algérie. Le problème est qu’en général leurs ressources étant limitées, elles ne peuvent pas toujours obtenir le conseil juridique efficace dans une situation aussi complexe que le conflit de juridictions et la contrariété à l’ordre public européen. Ce qui a des conséquences importantes en matière de conséquences d’un divorce pour ce qui concerne les obligations alimentaires

C’est particulièrement frappant pour la loi sur les retraites. On ne dit pas assez à quel point les femmes migrantes sont touchées par le recul de l’âge du départ à la retraite.

Leur situation en France n’est- elle pas finalement dans la continuité des discriminations et des inégalités que les femmes subissent dans ces deux pays?

Oui, tout à fait. Prenons l’exemple du chômage, Les étrangères résidentes sont plus touchées que les hommes : deux fois plus de femmes que d’hommes détenteur·trices de titres de séjour sont touchées par le chômage.

C’est pourquoi les luttes sont inséparables. Les femmes migrantes sont concernées au premier chef par les luttes dans leur pays d’origine pour changer les lois discriminantes comme le Code de la famille algérien. Mais aussi dans le pays d’accueil pour contenir les velléités d’exploitation. C’est particulièrement frappant pour la loi sur les retraites. On ne dit pas assez à quel point les femmes migrantes sont touchées par le recul de l’âge du départ à la retraite. En effet, elles commencent à travailler plus tard que la moyenne et non seulement leur pension sera fortement minorée mais elles seront usées par la pratique de métiers pénibles.

Tags: Femmes mises à la marge
Ghania Khelifi

Ghania Khelifi

Ancienne directrice de rédaction du quotidien algérien Liberté, journaliste politique, diplômée de La Sorbonne, Ghania Khelifi est également chargée de mission égalité Hommes-Femmes en France où elle vit. Titulaire d’un DESS sur l’œuvre et le parcours de Kateb Yacine, elle a signé la première rétrospective lui étant consacré à Alger en 1991, « Kateb Yacine, poèmes et éclats », au tout début de la décennie noire. Spécialiste de la société algérienne, elle collabore régulièrement à Babelmed.net depuis sa création.

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