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Souffrance psychique et genre

Contributrice Medfeminiswiya Contributrice Medfeminiswiya
4 juillet 2022
Souffrance psychique et genre

Le plus souvent les femmes malades ne révèlent pas la douleur qu'elles ressentent, et pourtant il existe un lien profond entre certaines maladies mentales et les stéréotypes de genre.

Cette publication est également disponible en : English (Anglais)

Je m’appelle Antonella, mais mon nom d’artiste est Eretica Whitebread. Je suis née et j’ai grandi en Sicile. Ma famille m’a élevée pour être une bonne épouse et une bonne mère. Le machisme et les stéréotypes de genre qui m’obligeaient à jouer ces rôles sont devenus si oppressants pour moi que j’en ai ressenti un fort sentiment de culpabilité.

Mon père était un homme violent et ma mère une femme soumise et complice. Après avoir été battue pendant de nombreuses années parce que je n’étais pas la fille qui correspondait au modèle imposé, je suis tombée enceinte et mes parents m’ont forcée à faire un mariage réparateur avec un homme lui-même violent.

Ce sont, en résumé, les traumatismes qui m’ont faite, auxquels j’ai tenté d’échapper, que j’ai essayé d’éliminer mais qui sont revenus, d’abord sous la forme de troubles alimentaires, puis sous celle d’une dépression qui a conduit à une tentative de suicide. Cette tentative remonte à décembre dernier et, depuis, j’ai passé des périodes dans une unité psychiatrique. Je suis une thérapie avec un psychiatre de l’Asl, mon cas est sous la responsabilité du Centre de santé mentale du district 4 de Florence.

Avant cela, j’avais consulté d’autres psychiatres qui m’avaient prescrit des médicaments que j’ai pris pendant une dizaine d’années et qui, au lieu d’améliorer mon état, ont provoqué chez moi une paralysie, une agoraphobie, une somnolence et une absence de volonté de vivre. Néanmoins, j’ai continué à faire ce que j’ai toujours fait, c’est-à-dire à écrire sur moi-même et sur les femmes dont j’ai toujours accueilli les histoires sur la page facebook Abbatto i Muri et sur mon blog éponyme.

La dernière période de ma vie a été la plus difficile car, ne contribuant pas activement à l’économie familiale et n’ayant pas encore analysé tout ce qui m’était arrivé auparavant, j’ai commencé à accumuler un sentiment de culpabilité envers mon partenaire.

Toutefois, avec mon nouveau psychiatre, j’ai pu non seulement changer de thérapie, ce qui m’a rendu ma lucidité et ma vitalité, mais aussi voir les choses sous un nouvel angle. Ma condition de stress post-traumatique, la culpabilité pour les rôles que je n’étais pas parvenue à jouer, la honte par rapport au mal qui m’a affligée, et m’afflige encore, sont étroitement liées à mon genre.

Je suis Eretica, à l’hôpital j’ai été diagnostiquée « dépressive sobre », parce que j’étais capable de produire un raisonnement logique même quand j’étais malade. Je n’ai pas honte de ma condition et je me bats pour que personne n’ait jamais à avoir honte de la sienne.

J’ai donc analysé ma vie entière, publiquement, en restituant à celles et ceux qui me suivent tout ce que mon expérience me permet d’acquérir comme prise de conscience et nouvelles connaissances. Ainsi, et j’ai eu l’idée d’un livre sur la santé mentale et le féminisme.  Car la santé mentale n’est pas problématisée à travers le prisme féministe, ou du moins pas assez.

Il y a un manque d’information, le plus souvent les femmes malades ne révèlent pas la douleur qu’elles ressentent, et pourtant il existe un lien profond entre certaines maladies mentales et les stéréotypes de genre. Le sexisme, le machisme, la misogynie, le bodyshaming, la violence de genre, ne sont que quelques-unes des pressions qui poussent tant de femmes à la paralysie.

Beaucoup d’entre elles ne peuvent pas mettre un pied hors de chez elles par peur d’être jugées parce qu’elles ont honte de leur corps ; beaucoup pratiquent l’automutilation, en se coupant un bras ou une jambe, pour tenter d’évacuer la douleur due à des traumatismes qu’elles n’ont jamais dévoilés ; beaucoup souffrent de troubles alimentaires parce qu’elles se sentent inadéquates par rapport au modèle esthétique dominant. En Italie, 90% des personnes dépressives, dont de nombreuses femmes, souffrent d’une maladie qui immobilise, induit une paralysie totale, et peut conduire à des idées suicidaires.

Afin de désamorcer l’effet autodestructeur de ces maladies, nous devons en connaître l’origine et tenter d’examiner les maladies mentales affectant les femmes dans une perspective de genre. Mais cela ne suffit pas, il faut pousser l’analyse encore plus loin.

C’est la précarité qui touche aussi tant de femmes : les questions de genre et de classe s’additionnent.

J’ai donc tenté de fournir, à moi-même et aux autres, une synthèse nécessaire pour débattre, afin que la discussion autour de ces questions ne soit pas exclue des espaces publics, afin que les femmes atteintes de maladies mentales se sentent en sécurité lorsqu’elles sont invitées à une assemblée féministe.

J’espère que ce postulat suffira à expliquer pourquoi je tiens à ce que ce sujet soit discuté publiquement. Tant de personnes m’ont écrit en privé pour m’encourager, mais aussi pour me remercier, car le fait de ne pas avoir honte d’être malade mental, d’éliminer la stigmatisation qui pèse sur nos têtes, est bénéfique pour toutes celles et tous ceux qui ne peuvent pas encore en parler.

Leurs expériences devront émerger pour que les institutions elles-mêmes abordent la question de la santé mentale en incluant une perspective de genre, en tentant d’opposer une critique des pratiques telles que la contention ou les électrochocs qui sont encore pratiquées en Italie.

Les électrochocs, aujourd’hui appelés « électroconvulsivothérapie », sont administrés aux femmes souffrant de dépression post-partum dans différents hôpitaux, à commencer par Pise. Cela ne devrait pas se produire. Nous ne pouvons pas revenir à l’époque victorienne. Nous ne voulons pas légitimer des pratiques qui devraient être rendues illégales parce qu’elles sont immorales.

Je prends des médicaments qui me font me sentir beaucoup mieux, je le dois au professionnalisme de mon psychiatre et à un service hospitalier où la psychiatrie n’est pas considérée comme une punition méritée par les malades. Je suis Eretica, à l’hôpital j’ai été diagnostiquée « dépressive sobre », parce que j’étais capable de produire un raisonnement logique même quand j’étais malade. Je n’ai pas honte de ma condition et je me bats pour que personne n’ait jamais à avoir honte de la sienne.

Non, ce n’est pas notre faute !

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