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Depuis l’escalade des affrontements à la frontière libanaise en octobre 2023, le sud du Liban est devenu l’une des zones médiatiques les plus dangereuses de la région. Des journalistes, hommes et femmes, y ont été à plusieurs reprises pris pour cible par des frappes israéliennes alors qu’ils exerçaient leur travail sur le terrain, dans un contexte marqué par des accusations mutuelles et des récits contradictoires quant à la nature de ces attaques.
La plus récente de ces tragédies s’est produite le mercredi 8 avril, une journée qualifiée de « noire », au cours de laquelle Israël a mené de violentes frappes sur la capitale, Beyrouth, sa banlieue sud ainsi que d’autres régions, faisant plus de 350 morts et 1 200 blessés.Les journalistes visées sont Suzanne Khalil (à Kefoun, dans le sud du Liban) et Ghada Al-Daikh (à Tyre, dans le sud du Liban). Ces événements ont coïncidé avec la mort du correspondant de la chaîne « Al-Jazeera », Mohammed Weshah, lors d’un bombardement israélien sur une voiture civile dans le quartier de « Cheikh Ajlin » à Gaza. Le nombre de journalistes tué.e.s par Israël s’élève ainsi à 28 au Liban et à 262 à Gaza.
Le ciblage des journalistes s’inscrit dans le cadre d’une tentative d’occultation de la vérité.
Les risques s'intensifient contre les femmes journalistes
Dans ce contexte, la journaliste et militante Nahla Salama déclare : « Cette guerre est différente des précédentes car elle est plus cruelle. Aujourd’hui, je couvre l’actualité à Beyrouth, une ville qui n’est plus sûre, où même les centres d’accueil peuvent être menacés ».
« Les risques augmentent alors que notre éthique nous impose d’être présents à plusieurs endroits pour rendre compte de la situation », poursuit Salameh : « Le ciblage des journalistes, hommes et femmes, s’inscrit dans une volonté d’occulter la vérité. De plus, les journalistes sont exposés à des campagnes en ligne menées par des partis et des courants politiques, ce qui rend le métier encore plus difficile à l’heure actuelle. » Elle ajoute : « Nous risquons notre vie pour la vérité. »
De son côté, la journaliste Rana Najjar estime que « la présence de femmes journalistes sur les lieux de l’événement, en particulier dans les centres d’accueil et les maisons des sinistrés, inspire confiance et rassure, surtout si nous relayons les témoignages de femmes. En effet, le fait d’être une femme m’a aidée et a rassuré les gens ». Cependant, Rana Najjar évoque un incident dont elle a été victime pendant son reportage : « Certains jeunes du quartier n’ont pas apprécié que je sois une femme et ont tenté de me rabaisser ».
« La présence de femmes journalistes sur les lieux de l’événement, en particulier dans les centres d’accueil et les maisons des sinistrés, inspire confiance et rassure »
Ciblage des lieux de reportage
Selon les données du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), plusieurs journalistes ont été tué.e.s au Liban pendant la guerre qui s’est déroulée entre 2023 et 2024 alors qu’ils/elles couvraient les événements sur les lignes de front. L’organisation souligne que certaines des victimes travaillaient dans des lieux clairement identifiables comme des lieux de reportage.
Human Rights Watch a également documenté un certain nombre d’attaques contre des journalistes au Liban qui soulèvent de « sérieuses préoccupations » quant au respect des règles de distinction prévues par le droit international humanitaire, en particulier lorsque les victimes sont des civil.e.s identifiables comme des professionnel.le.s des médias.
La fondation Skies – Samir Kassir indique que, pendant la dernière guerre, les journalistes ont travaillé dans un environnement « constamment très dangereux », où ils/elles sont exposé.e.s soit à des bombardements à proximité, soit à des attaques directes, soit à des restrictions sur le terrain qui limitent leur capacité à couvrir librement l’actualité.
L’une des attaques les plus révélatrices de la gravité de la situation a été celle qui a coûté la vie au correspondant de la chaîne Al-Manar, Ali Shuayb, ainsi qu’à deux de ses collègues, dont la correspondante Fatima Fatouni, lors d’un raid israélien qui a visé leur véhicule dans le sud du Liban. Alors qu’ils effectuaient un reportage sur le terrain, environ une semaine le mercredi « noir ».
Selon les données du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), plusieurs journalistes ont été tué.e.s au Liban pendant la guerre qui s’est déroulée entre 2023 et 2024 alors qu’ils/elles couvraient les événements sur les lignes de front. L’organisation souligne que certaines des victimes travaillaient dans des lieux clairement identifiables comme des lieux de reportage.
Human Rights Watch a également documenté un certain nombre d’attaques contre des journalistes au Liban qui soulèvent de « sérieuses préoccupations » quant au respect des règles de distinction prévues par le droit international humanitaire, en particulier lorsque les victimes sont des civil.e.s identifiables comme des professionnel.le.s des médias.
La fondation Skies – Samir Kassir indique que, pendant la dernière guerre, les journalistes ont travaillé dans un environnement « constamment très dangereux », où ils/elles sont exposé.e.s soit à des bombardements à proximité, soit à des attaques directes, soit à des restrictions sur le terrain qui limitent leur capacité à couvrir librement l’actualité.
L’une des attaques les plus révélatrices de la gravité de la situation a été celle qui a coûté la vie au correspondant de la chaîne Al-Manar, Ali Shuayb, ainsi qu’à deux de ses collègues, dont la correspondante Fatima Fatouni, lors d’un raid israélien qui a visé leur véhicule dans le sud du Liban. Alors qu’ils effectuaient un reportage sur le terrain, environ une semaine le mercredi « noir ».
Cadre juridique international : les journalistes sont des civil.e.s protégé.e.s
De leur côté, les Nations unies affirment, à travers les principes du droit international humanitaire, que les journalistes sont considéré.e.s comme des civil.e.s pendant les conflits armés et ne doivent pas être pris.es pour cible à moins qu’ils/elles ne participent directement aux hostilités.
Selon les NU, toute attaque délibérée ou indiscriminée contre des journalistes peut constituer une violation grave des Conventions de Genève, ce qui impose l’ouverture d’enquêtes indépendantes et transparentes afin d’établir les responsabilités. Pourtant, dans le contexte chaotique de la guerre qui sévit au Liban et dans la région, le sort des journalistes tombé.e.s sur le terrain est trop souvent relégué au rang de simple dommage collatéral.
Au Liban, les journalistes sont exposés à des dangers multiples qui ne se limitent pas aux frappes israéliennes. Correspondants et médias font également face à des campagnes de diffamation et à des cyberattaques, notamment attribuées au Hezbollah et à ses affiliés. Une organisation appelée « Fatemiyoun », liée au Hezbollah, a récemment revendiqué le piratage de plusieurs sites web, dont celui du ministère libanais de l’Information, dans le but de restreindre la liberté de la presse.
